Publié le 15 Septembre 2022

Une lecture, un regard ! S02 n°1

Lors de cette première capsule de 15 minutes vous découvrirez quelques différentes structures de textes imbriquées les unes dans les autres permettant de distinguer quelques portes d'entrées permettant de méditer ce livre. Vous découvrirez également, à partir de cette introduction que l'inspiration est une chose mais sa transmission en est une autre. Une introduction aux différents partages qui suivront par la suite... @ très bientôt Bonne réflexion biblique approfondie dans les textes sacrés !

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #Podcast " Une lecture, un regard "

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Publié le 5 Septembre 2022

Merci à vous aussi !

Nous recevons de temps à autres des retours spontanés de personnes qui lisent ce que nous partageons ou qui écoutent ce que nous composons. Evidemment, encourager régulièrement les autres ne nous épargne pas non plus d'avoir également besoin d'être encouragé à notre tour de temps à autres. Particulièrement touchés à un moment où nous en avions besoin, nous voulons vous partager un retour reçu la semaine dernière. L'idée n'est donc pas de mettre en avant ce que nous faisons, loin de moi cette idée, mais de vous encourager également à poursuivre ce qui peut parfois paraître insignifiant, inutile aux yeux de certains ou à vos propres yeux, mais qui en réalité est ou devient une vraie bouée de sauvetage pour d'autres. 

Vous connaissez très certainement ce passage de l'Ecclésiaste qui nous dit : 1" Jette ton pain à la surface des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. Donnes-en une part à sept et même à huit personnes, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre..."

Toute démarche, toute consécration, tout investissement, ou encore tout engagement visant à soutenir et encourager notre prochain dans son humanité n'est jamais en vain, même si nous ne voyons pas toujours les fruits de notre semaille. Nous n'apercevons pas toujours la puissance de développement que peut contenir une graine que nous avons semée et qui par le souffle du vent s'envole et va se terrer dans un terrain qui ne nous appartient pas, dont nous n'en connaissions pas l'existence. C'est ainsi que le vent de l'Esprit transporte ce que l'homme partage de bon pour atteindre des coeurs et des âmes que nous ne pouvons soupçonner par avance être dans le besoin et dans une disposition fertile.

Gardez courage, persévérez, continuez à progresser dans l'amour Agapè, pas besoin de faire des vagues ou de la grande propagande pour réaliser et faire du bien à cette humanité qui vous entoure. La simplicité suffit amplement parfois pour qu'un miracle se produise dans la vie d'une personne. Avec ce que vous êtes et comme vous êtes, si vous cherchez à partager la miséricorde de Dieu en vous, chaque petit détail de votre vie peut, par votre façon d'être à l'autre, apporter un appui pour quelqu'un quelque part. Nous ne jouons pas au sauveur, il n'y en a qu'un, mais nous sommes chacun un appui spécifique pour quelques uns sur cette terre et cela suffit amplement pour que tout notre investissement en vaille la peine.

Nous vous partageons un témoignage qui nous a fortement encouragé, en espérant qu'il puisse également vous porter dans vos démarches personnelles. L'amour Agapè s'amplifie dans la réciprocité.

" Coucou… Je ne suis pas revenue sur Facebook depuis un mois environ. Manque de temps. Mais ce matin, Christine et Tonino, en vous relisant, en voyant votre compassion et l’intérêt que vous portez à votre prochain ( on peut le voir dans vos livres et vos chants), j’ai eu envie de vous redire Merci proprement. J’ai connu une dépression terrible pendant que j’accompagnais maman ( mes frères et sœurs ayant tous démissionné), et même après son départ la dépression s’agrippait à moi malgré le jeûne, la prière. Le suicide (l’envie) n’était jamais loin. Je me souviens que deux ou trois fois, Christine tu ne le sais pas, mais tu m’as sauvé la vie au sens propre du terme. Tu m’envoyais souvent des courts messages pour avoir de mes nouvelles. Mais ces « courts messages », étaient puissants, comme venant directement de Dieu… Je n’ai jamais été aussi claire avec vous. Généralement, je dis « Merci pour tout », mais voilà, ce matin quelque chose me dit de faire autrement. J’ai eu des moments très complexes durant de longues années. Je ne regrette pas les dix années passées auprès de maman, je sais qu’elle a beaucoup donné et je voulais qu’elle parte dans la dignité. Pendant des années ça été très difficile entre elle et moi. Mais trois semaines avant son départ (elle avait l’air d’aller très bien), elle a eu une longue conversation avec son médecin traitant. J’étais assise à côté et j’avais l’impression d’écouter deux copines (maman et son docteur) parler. Elle a reconnu ce jour-là que ce que j’avais fait pour elle, personne d’autre ne l’aurait fait. Ces mots qu’elle n’a jamais pu dire face à face m’ont encouragée énormément. Mais la dépression ne partait pas. Je regardais ma vie et elle était vide. Quand on me demande ce que j'avais fait, je répondais que j’avais fait des études de Droit (Droit public), sans plus. Quand mes anciens camarades me demandaient : « Qu’est-ce que tu deviens », je n’avais pas grand chose à dire. Après une longue lutte avec la dépression, les blocages etc, j’ai réussi à sortir mon livre (malgré d’innombrables attaques démoniaques au moment de la rédaction du manuscrit), c’est comme si mon cerveau se réveillait à nouveau. Pendant la rédaction et après la sortie du livre ( peu importe qu’il ne se soit pas vendu par centaines), j’ai recommencé à me voir comme avant. Je pouvais me regarder de nouveau en face.

Je vous dit toujours que vous êtes discrets, mais vous comptez… Sachez que je le pense vraiment. Vous comptez pour beaucoup, vous comptez spécialement pour moi. Vous ne faites pas de tapage. Vous faites… Merci pour chacun de vos messages. Merci pour vos prières et encouragements. Merci pour tout ! Si je suis encore là, c’est aussi grâce à votre soutien. Je prie pour que Dieu continue de vous fortifier et vous inspirer. Nous ne nous sommes jamais vus en chair et en os, mais pour moi, c’est comme si… Christine, tu ne l’as jamais su, mais ce jour-là, de Noël, je me préparais à partir… Tu as écrit… J’ai reculé. C’était comme si Dieu Lui-même, me disait je suis là. Continuez à suivre votre cœur.

Je vous suis de là où je suis et sachez que ça impacte la vie des gens, même si beaucoup n’ose pas le dire… Je suis irrégulière sur Facebook, mais vos livres et vos chansons sont là. Voilà un petit témoignage, voilà qui vous êtes pour moi et je suis à vos côtés… Et pour moi, c’est ça l’Eglise. Je vous embrasse tous très fort. « Des instants de vie poétique » est à mon chevet, on ne bouge pas. On continue. Bon week-end et à bientôt."

Même si vous ne voyez pas toujours les effets de vos démarches d'amour, sachez qu'elles ne sont jamais vaines et que le Seigneur sait comment se servir de ses instruments et jouer la juste mélodie dans le brouhaha de ce monde. 

Du fond du coeur, merci pour vos encouragements et vos retours qui nous encouragent à poursuivre et à nous relever quand à notre tour nous sommes en doute, en état de fatigue ou encore dans la totale incertitude. Nous sommes tous vulnérables et la beauté de la vie, c'est de savoir que Dieu ne nous oublie pas et qu'il se manifeste au travers de nos encouragements réciproques.

Ne vous laissez pas prendre par l'esprit de ce monde qui donne l'impression d'être utile qu'au travers de critères de réussites éphémères qui au fond ne sont que des leurres. Les véritables réussites se trouvent dans le lieu secret où vient s'éveiller la Vie.

Je vous laisse en méditation ces deux passages du nouveau testament : 

2 " Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. "

3 " Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. "

1. Ecclésiaste 11.1-2

2. Matthieu 6.6

3. Romains 12.2

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #Encouragement

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Publié le 14 Juillet 2022

Vers un enseignement spirituel plus pur, plus juste et plus vrai dans nos actes au quotidien.

 

«  Pour vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et qu'elle n'est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu'elle vous a donnés. » (1 Jean 2.27)

Même si les évangélistes relèvent massivement les défauts des scribes et des pharisiens, il ne faut pas croire que ces hommes étaient sans valeur et si différents de nous. Pourquoi dis-je cela ? Parce qu'ils étaient sincères et intègres dans ce qu'il croyaient être juste, dans leurs principes, et menaient une vie strictement morale au regard de leur entendement de la Loi. N'oublions pas, que celle-ci était et restera aussi pour Jésus le terreau de base sur lequel se fond la révélation de Dieu et de son plan de salut pour l'humanité. Le salut comprend aussi, la vie relationnelle saine avec Dieu et nos semblables."

Avant toute chose, mon propos ne s'oppose pas aux enseignants et aux enseignements développés dans nos assemblées chrétiennes, que du contraire quand ils sont justes et bons, que cela soit clarifié, là n'est pas mon propos.

Cependant, il est clair que l'enseignement reçu, aussi bon soit-il, peut devenir un tremplin comme un obstacle au développement de notre maturité spirituelle. Jésus dira entre autres à ses disciples en parlant des pharisiens : "Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas." (Matthieu 23.3)

Malheureusement, ce qui était reproché par Jésus à ces hommes religieux, c'était leur application de leur enseignement à la lettre et non selon l'esprit qui sous-tend celui-ci, même s'ils respectaient la Loi en général dans son intégralité, accomplissant avec rigueur leur devoir tel qu'ils la concevaient à l'époque.

Je retiendrai, ici deux choses importantes à laquelle nous devons aujourd'hui continuer à nous préserver et ainsi ne pas croire que nous en sommes spontanément et continuellement libérés en tant que chrétien né de nouveau. Nous pouvons être né de nouveau, sans pour autant vivre constamment par l'Esprit et se laisser rattraper par ces anciens fonctionnements que l'on a si facile à pointer chez les autres.

Le premier fonctionnement reproché par Jésus envers ces hommes religieux, c'était de mettre toute l'importance dans les actes extérieurs qui démontraient une recherche de piété. Cependant, Jésus démontrera à maintes reprises que ce n'est pas l'acte qui justifie le cœur pur. Ainsi on peut réaliser des actes religieux aux apparences pures sans pour autant que la finalité soit juste et animée par la bonne intention, la bonne visée. C'est ainsi que Jésus remettra régulièrement en cause toute l'apparence religieuse extérieure sans qu'il y ait un véritable cœur circoncis, c'est à dire un cœur qui cherche avant tout à accueillir la finalité de ces principes. Accueillir la finalité de ces principes, ne peut se réaliser que lorsqu'un cœur est dirigé par l'Esprit-Saint, qui n'a pas besoin de se référer à des actes extérieurs pour justifier sa piété, et s'assurer d'agir de façon juste et bonne. Jésus démontre que si vous avez la bonne intention, si elle habite votre cœur, les actes suivront sans que vous deviez faire systématiquement référence à des règles particulières, à des fonctionnements humains particuliers. Au final, soit vous appliquerez celles-ci parce qu'elles sont justes à la circonstance soit vous en aurez d'autres qui soient inspirées, plus adaptés et plus justes que toutes les prescriptions que vous connaissez ou que l'on vous a enseigné jusqu'ici. C'est pour cela, notamment pour exemple, que Jésus va dire: " Il vous a été dit que..., mais moi je vous dis que... Nous avons besoin de nous laisser guider constamment et enseigner par le Saint-Esprit en ce qui concerne les enseignements du Christ. Jésus n'adapte pas son état d'esprit aux principes pour répondre à l'amour, à la justice où autres grandes valeurs, mais il adapte ses principes et ses actions en fonction du contexte afin de viser le véritable amour, le véritable ajustement, etc... Ce qui permet d'amplifier et d'accroître l'esprit du royaume. « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » Matthieu 5.27-29 

Le deuxième fonctionnement que je pointe dans ma lecture des évangiles durant ses vacances, principalement au regard du sermon sur la montagne, c'est que Jésus reproche aux pharisiens leur orgueil spirituel et leur suffisance. Je n'irai pas trop loin ici dans cet article, mon objectif est juste d'éveiller notre spiritualité, j'y reviendrai plus tard, mais là où Christ reproche le plus souvent le péché d'orgueil, ce n'est pas aux païens qui ne fléchissent pas leur cœur pour le suivre, mais aux religieux qui combattent et reprochent sans cesse à Jésus et à ses disciples de ne pas faire et de ne pas voir les choses comme eux. Ils se suffisaient à eux-mêmes, à leur compréhension, à leur interprétation, à leur richesse spirituelle...

Dès lors on comprend pourquoi  dans le sermon sur la montagne, l'enseignement sur les béatitudes s'ouvre avec « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux leur appartient ». Verset qui peut aussi être traduit, « Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres car..." »

Notre connaissance est bien souvent notre grande richesse que nous gardons bien secrètement dans notre inconscient et que nous ne sommes pas prêts à lâcher, car elle nous donne une forme de pouvoir, de savoir et de l'assurance. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose en soit si celle-ci est confirmée et appuyée par l'Esprit. Ne soyons pas dupe elle est aussi parfois le plus grand obstacle à la véritable transformation de notre cœur.

Quoi que peux vous dire ou vous enseigner un homme, quel qu'il soit, sur la pensée Divine, si vous êtes né de nouveau, remettez-vous en à Dieu, cherchez la communion du Saint-Esprit et vous serez libérés de votre vie de conformité religieuse pour une vie conforme à une vie par l'Esprit ! 

Je vous encourage à communier un maximum avec notre Seigneur, il n'y a pas de secret pour cela, la Parole et la prière dans la présence du Saint-Esprit. Pas l'un ou l'autre, ni l'un sans l'autre, mais l'un avec l'autre, et vous (re)trouverez le chemin de la Vérité. Vous n'aurez plus besoin de vous référer à certaines observances extérieures (ou du regard des autres croyants, ou de votre référence humaine presque adulée parfois...). Ce qui vous semblait autrefois indispensable, ne le sera plus au fur-à-mesure que vous croîtrez spirituellement par l'Esprit; mais vous le rechercherez sans cesse.  Bien évidemment, il utilisera aussi le regard et l'enseignement des autres pour aboutir à des actes inspirés et adaptés aux circonstances de la vie bien plus complexe que ce que nous en disons où en savons, et particulièrement en ce qui concerne la vie des autres.

Soyez Bénis,

Tonino

 

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #L'agir éthique et l'enseignement du Christ, #Encouragement

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Publié le 30 Juin 2022

Quel est ton rêve pour les croyants de la terre ?

Dernièrement, quelqu'un me posait une question que l’on pourrait considérer comme infantile. Cependant, les idées dites infantiles peuvent devenir des traverses pour atteindre la rive des pensées humaines sérieuses. La question fut la suivante : « Si tu avais un rêve particulier sur la terre pour les croyants, quel serait-il ? » Acceptant de jouer le jeu, il ne me fallut pas beaucoup de temps pour y répondre.

  • Si j'avais un rêve pour les croyants de la terre, je pense que ce serait pour l'Église, c'est-à-dire la famille des chrétiens dans son ensemble. Si je te réponds, là, tout de suite, spontanément, je dirais que mon Rêve, ce serait que nous, je dis "nous", car je fais partie de la famille, que nous puissions vivre ce principe éthique du Christ : "Avant de vouloir enlever la paille dans l'œil de ton voisin, prends d'abord le temps  d’enlever la poutre qui est dans le tien".

Imaginez que les réseaux sociaux, que nos rencontres, nos échanges et nos murmures ne serviraient plus à parler de ce qui ne va pas chez les autres, mais plutôt chez soi ! Que, si au lieu de critiquer ce qui ne nous convient pas, on usait notre énergie à se changer soi-même. Si, au lieu de critiquer l'autre que l'on considère dans le péché, on se mettait à prier et à essayer de comprendre la blessure, la souffrance ou encore l'intention qui l'a amené à cela. Si, au lieu de se cacher derrière des discours de vérité pour accuser les autres d'être dans l'erreur, croyant par-là faire avancer le monde, on mettait plutôt en avant ce que nous voulons où nous avons changé en nous pour le bien des autres. Si, on arrêtait de parler et de regarder les autres pour se glorifier soi-même. Vous imaginez, cette capacité de parler, de s’écouter et de s’échanger dans la paix et dans le respect. Rien que cela transformerait non seulement nos assemblées, mais le monde qui nous entoure. Quel impact réel aurait le message de l’évangile sur les relations humaines ? Je sais, j’imagine ce que pourront rétorquer certains, mais j’assume... Je crois moins au discours musclés et condescendants qu’à une façon d’être et d’agir. Je crois plus à une éthique pratique qui conduit aux actions et aux attitudes parfumées d’amour et de respect pour l’humanité qui est en chacun de tous.

Ne confondons jamais, la morale et le moralisme, ils sont à distinguer. Exprimant si bien cette pensée, André Comte-Sponville, bien qu’Athée, ce philosophe, ayant pour quête, la recherche du bonheur réaliste et de la vérité, dit avec ses mots cette vérité du Christ : « Que dois-je faire et non que doivent-faire les autres ? C’est ce qui différencie la morale du moralisme. »

"Ton Rêve est rempli d'espérance, ajouta cette personne !"

Je lui répondis ceci : il n'est pas uniquement question d’espérance, car en réalité, on espère lorsque les choses que l'on désire ne dépendent pas de nous. Mais lorsque l'on désire ce qui est en partie possible, ça ne s'appelle pas de l'espérance, mais de la volonté. Et quand bien-même, certains pourraient considérer cela comme une utopie, un idéal inatteignable, je leur dirais que malgré tout, c'est ça la vérité du Christ, le voie de sa sagesse à suivre, un idéal vers lequel tendre. Cet idéal et si fort, si haut, si grand et si profond que, premièrement, je ne peux y arriver seul et pleinement, et deuxièmement, si nous concentrions toute notre énergie à viser ce but, la juste cible, nous ne trouverions plus le temps pour critiquer négativement les autres.

Nous avons déjà tellement à faire avec nous-même. En-tout-cas, j’ai beaucoup à faire avec moi-même, je dois inlassablement veiller à ma propre nature charnelle qui dès que je baisse la garde, prend le dessus sur ma nature spirituelle renouvelée. Pour marcher sur cette voie, je dois encore vouloir éviter de fuir l’introspection spirituelle menée par l’Esprit-Saint. Cependant, dès que l’on saisit pleinement la grâce de Dieu, le travail de transformation devient possible. La Vérité, le Chemin et la Vie ne sont, ni le moralisme, ni la connaissance et l’énonciation doctrinale (ayant et devant rester à sa juste place), mais bien dans la démarche d’éthique spirituelle que Christ nous propose.

En ce qui concerne mon rêve : il est une espérance dans l’absolu, mais une réelle volonté des possibles à appliquer dans le quotidien. Choisir délibérément la critique négative ou pas, ne dépend pas des autres, mais de ma volonté. Pour l’au-delà et l’après-retour du Christ, je maintiens mes espérances, car cela ne dépend pas de moi, mais pour cette terre, je travaille à ce qui dépend de moi. Les principes du royaume ne sont pas du côté de l’espérance, mais de la volonté à y travailler en soi pour pratiquer le bien envers les autres et non sur les autres pour uniquement l'intérêt de soi !

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #L'agir éthique et l'enseignement du Christ, #Encouragement

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Publié le 17 Juin 2022

A la lecture de Genèse 1

Dieu, le point de départ de l'existence !

Il y a deux questions qui ont traversé la grande histoire de l'humanité et qui nous traverse tous un jour ou l'autre : « D’où venons-nous et où allons-nous ? »

Lors d'un colloque organisé par l'un des services de l’asbl pour laquelle je travaille, un des orateurs de la journée avait magnifiquement bien résumé ces deux questions en une seule par la contraction suivante : « D'où vais-je ? »

Cette question existentielle nous porte tous, d'une manière ou d'une autre. Notre humanité a cherché et continue de chercher la réponse au travers de la théologie, de la philosophie, de la science, de la technologie, de la religion, etc.

Lorsque certains disent ne pas s'en soucier, ils m’apparaissent semblables à ce marchand d’élixir qui se vantait d'être bien portant et qui trouva la mort peu de temps après sa déclaration. Un cancer le rongeait depuis très longtemps. Ce n'est pas parce que l'on s'ignore malade que l'on ne l'est pas. La vérité n'est pas ce que j'en dis de mon état mais bien ce qu'il en est. A ceux qui disent : alors, ne serait-ce pas mieux de ne rien en dire ? Là n'est pas la question me semble-t-il, car en dire ou ne rien en dire, ça ne change rien à la vérité de la situation. En revanche, la question suivante suscite mon intérêt : Qui pourrait m’en dire quelque chose qui soit vrai ou qui me rapproche au plus près de la vérité ? Si ce marchand d'élixir avait demandé l’avis d’un médecin sur son état de santé, peut-être ne l'aurait-il pas guéri, mais nous sommes en droit de penser qu’il aurait pu certainement lui dire quelque chose qui se serait rapproché de son état de santé véritable. Vendre de l’élixir ne convertit pas le marchand en médecin. Un pharmacien n’est pas un médecin, encore moins un charlatan.

Certains diront, peut-être qu'il ne voulait rien en savoir, que c'était peut-être mieux ainsi puisqu’il a vécu sans être encombré d'un souci qui aurait gâché la fin de sa vie plutôt. Je partage la première partie de ces dires, car la liberté de savoir ou non, de chercher ou pas à en connaître davantage sur son état de santé est un droit qui se respecte et qui mérite d'être reconnu. Cependant, le pronostic disant que c'était peut-être mieux ainsi, me laisse perplexe. Qui pouvait savoir par avance s'il n’existait pas une solution pour allonger sa vie de façon suffisamment bonne qui lui aurait permis de vivre un bout de chemin plus loin ?

En ce qui concerne notre état de santé spirituelle, quand bien même des croyants en font un mauvais usage, la Bible adhère pleinement au respect de la liberté de choix et au principe au principe du partage des savoirs pour unvéritable bien : salut de l’humanité. Je fais juste une parenthèse ici, pour dire que dans le nouveau testament le même mot peut être traduit par santé, protection et salut. Quand elle parle de salut, une analyse des textes nous montre que ce terme est relié, par son utilisation sémantique et contextuelle, aux différentes sphères que sont la santé physique, la santé mentale, l’attitude morale et spirituelle. On ne peut réduire la compréhension du terme salut à uniquement un ticket d’entrée pour la vie éternelle, même si cette réalité prend une place importante dans la compréhension de cette notion. Par ses textes, la Bible se propose de partager son savoir concernant le diagnostic qu'elle peut poser sur les vies et les conditions spirituelles de notre humanité. En même temps, cela est laissé à notre liberté de désirer d’en savoir un peu plus ou non sur nous- même en tant qu’humain.

Une autre question a également traversé l’histoire de la philosophie, de la théologie, de la science et de l’anthropologie : qu’est-ce donc que l’homme ? Si on ne connaît pas ce que la Bible a à nous apprendre sur la santé spirituelle humaine, comment pouvons-nous jauger de sa pertinence et de sa compétence à éclairer notre humanité ? Comment comprendre le sens et la réalité qu’elle représente lorsque nous la déclarons « Parole de Dieu » ? Écrit par des hommes, certes, mais « Parole inspirée de Dieu » !

Son diagnostic commence par nous signaler sa position claire et sans équivoque : "Au commencement Dieu créa... » Qu'est-ce que cette affirmation implique dans ma vie personnelle ? Qu'est-ce que cela pourrait me signifier en tant qu'être humain ?

Cette déclaration me dit que l'apparition de notre monde a été voulue, désirée, impulsée, expulsée. La langue originale va jusqu'à signifier que notre

monde fût accouché par Dieu, expulsé de son être. Comme tout être humain, je fais donc partie de l'œuvre créé par cet Être qui était là avant le commencement de notre monde. Je suis donc un être désiré, une vie désirée, car l'humanité a été désirée. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ! Si même la science parle d'un long processus temporel qui aurait permis l'émergence de notre monde et de la vie sur terre, ce processus a un point de départ qui ne pourrait être le néant car, de celui-ci, du rien, du vide, comment les choses auraient-elles pu apparaître pour que naisse le processus de la vie ? Il fallait un point de départ, une impulsion créatrice capable de faire exister les éléments nécessaires à l'apparition de la vie, de son développement, de son évolution. Ce point de départ est appelé Dieu ! Même si son nom est différent dans la langue originale, c'est ainsi que nous le traduisons en français. La bible affirme que Dieu était là, présent avant toute chose. Si le néant a un jour existé, je dirais donc, selon le commencement de la Parole inspirée de Dieu, que le néant serait le rien en dehors de Dieu. Dieu étant le principe premier et éternel de l'existence, de l’ordre de la création.

En réponse à la question Dieu existe-t-il ? Il n'y a que deux possibles : oui, il existe ou non, il n’existe pas. Il n'y a pas de nuance et d’alternative possibles. Des nuances et des alternatives, il peut y en avoir dans les différentes conceptions humaines de Dieu, mais pas dans le fait qu’il soit ou pas. En tous cas, la bible ne laisse aucun doute quant à son positionnement sur la question, elle part avec le postulat que Dieu existe, qu'il est le principe premier de la vie, elle ne cherchera donc à aucun moment la volonté de prouver son existence. « Au commencement Dieu... », dit-elle ! Cependant, le postulat de départ n'est pas et n'a jamais été une garantie pour éviter à l’homme d’en avoir des représentations et des compréhensions erronées ou incomplètes de cet Être. Ce postulat ne garantit pas non plus au lecteur de la Bible d'acquérir une représentation absolue de Dieu. Il n’est pas à l’abri d’une erreur de jugement et d’interprétation. Cependant, ce qui est certain, c’est qu’elle a pour vocation d'ouvrir notre esprit à sa présence, à sa réalité et à éveiller notre désir de le connaître en suffisance pour que naisse et s’entretienne la foi, l’espérance et l’amour. La bonne question est donc la suivante : Voulons-nous le connaître ? La seconde qui en découle est : Voulons-nous découvrir ce que la Bible dit de lui et de cette relation qu'il a maintenue depuis les premiers hommes jusqu'à nous aujourd'hui, jusqu'à moi, jusqu'à toi si tu le désires ? Comment avoir un avis sur l’effet de la température

de l’eau sur notre corps sans jamais avoir plongé dans une piscine ? Comment connaître l’effet de la Parole de Dieu sur sa propre vie spirituelle sans s’y être véritablement intéressé ?

Et si elle était l’aube d’un nouveau commencement pour toi ?

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #Selon passage biblique, #Encouragement

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Publié le 1 Mai 2022

Traitement pour une crise de la foi !

Il y a ces jours, ces passages dans la vie que l'on ressent comme des moments d'épreuves personnelles pour notre foi. Une parole blessante, un jugement hâtif d'un frère ou d'une sœur en Christ, un événement tragique, un acte manqué, ou encore bien d'autres événements dont la liste ne peut être exhaustive. Toutes ces choses peuvent suffire pour faire naître chez certains d'entre nous l'envie de fuir, de tout laisser tomber, de mettre en doute le bien fondé de nos démarches, de nos engagements ainsi que nos certitudes fondées sur notre relation avec Dieu. 

Dans ces moments, vient s'ajouter les attaques spirituelles de l'ennemi de nos âmes, le Satan, qui vient s'immiscer dans nos pensées. D'une manière rusée et sournoise il vient semer le doute dans nos affaires morales et spirituelles. Il vient en tant que tentateur nous souffler dans l'oreille : "Es-tu sûr ? Peux tu prouver ce que tu penses ? Si Dieu existe, si Dieu est réellement avec toi, comment se fait-il que cela t'arrive ? Qu'est-ce qui le prouve ? Vas-y, si tu es si sûr, fais-en la démonstration !

Le rapport que nous fait les évangiles sur la façon dont le diable est venu tenter Jésus nous permet d'entrevoir ce qui nous attend dans nos moments de fragilité et de faiblesse.

"Alors l'Esprit Saint conduisit Jésus dans le désert pour qu'il y soit tenté par le diable. Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s'approcha et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains. Mais Jésus répondit : Il est écrit : L'homme n'a pas seulement besoin de pain pour vivre, mais aussi de toute parole que Dieu prononce. Alors le diable le transporta dans la cité sainte, le plaça sur le haut du Temple et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, lance-toi dans le vide, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet. Ils te porteront sur leurs mains, pour que ton pied ne heurte aucune pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne forceras pas la main du Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une très haute montagne. Là, il lui montra tous les royaumes du monde et leur magnificence. Puis il lui dit : Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m'adorer. Alors Jésus lui dit : Va-t'en, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c'est à lui seul que tu rendras un culte. Là-dessus, le diable le laissa. Et voici que des anges vinrent et se mirent à le servir."

Sans entrer dans toute l'étude de ce passage de Matthieu 4.1-11, je m'attarderai sur les trois réponses de Jésus afin de nous encourager à persévérer et rester victorieux dans ces moments de combat face au doute. Mais avant de remettre en éveil ces 3 réponses, laissez-moi ajouter ceci pour notre encouragement : si le doute peut provoquer une "crise de la foi", laissez-moi vous dire que celui-ci, en réalité, n'est pas le vrai opposant de la foi. Le véritable contraire de la foi, me semble-t-il, est plutôt l'incrédulité ! Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que le doute, bien identifié et géré, peut-être une bonne chose car, ne jamais douter de soi, de ses idées, de ses interprétations, c'est prendre le risque certains de rester ignorant et aveugle dans les domaines où nous nous trompons, ou encore dans les petits détails que l'on croit parfois insignifiants et qui en réalité sont de grandes importances au développement de la maturité spirituelle. Qui ne se trompe jamais ? Qui connait et saisit tout parfaitement ? Si le doute provoque parfois une belle "crise de la foi", il est aussi parfois l'opportunité de fortifier et d'approfondir notre conscience de ce que nous croyons et pensons. La foi n'est pas sans intelligence, rappelons-le ici ! C'est dans ces moments de doutes que mon esprit est le plus en recherche et en disposition de trouver sens à ce que je crois, à ce que je fais et à qui je suis, à ce que je veux entreprendre dans la vie...

La lecture de l'évangile selon Mathieu au chapitre 4 du verset 1 à 11, nous aide à comprendre que la tentation est une suggestion, une sollicitation visant à dévier l'être humain de sa foi en Dieu et de son bon développement spirituel.

Dans ce passage on observe que le pouvoir du diable sur Jésus, en tant qu'homme parmi les hommes ici, n'est ni plus ni moins que la capacité d'influencer celui-ci dans ses prises de décisions et ses considérations.

La tentation provoquée par le diable ou encore par nos propres convoitises comme le rappelle Jacques dans son épître, permet non seulement d'éprouver notre foi, mais surtout de nous rendre victorieux à l'exemple du Christ.

Dans ce passage, où le tentateur cherche à faire douter Jésus dans le but de l'écarter de sa mission, j'y vois un enjeu capital dans lequel tout chrétien est convoqué à des moments divers de son cheminement spirituel, c'est celui de rester fidèle et confiant en Dieu le Père. Ces trois tentations relient effectivement trois domaines de la vie dans lesquels le doute peut être introduit pour nous conduire à l'incrédulité et à l'infidélité : Quand survient un manque dans les besoins physiques et matériels, quand apparaît un déséquilibre affectif et identitaire et enfin quand l'équilibre psychologique est touché dans nos besoins d'estime, de considération et de reconnaissance.

Le témoignage de cette victoire du Christ sur le diable, nous rappelle trois principes fondamentaux permettant d'éviter de passer par cette crise spirituelle ou encore d'en sortir si nous y sommes emprisonnés.

Le premier : L'importance de bien se nourrir physiquement mais surtout spirituellement. Notre régime alimentaire spirituel passe par la Parole de Dieu. Sans elle, nous ne ferons que carencer notre vie et le corps spirituel du Christ. Nous risquons un déséquilibre important dans l'enseignement et dans l'application de la volonté de Dieu pour notre vie. Ne la négligeons pas. Il est évident, quoi qu'en pense certains, l'équilibre alimentaire a aussi son importance. Car une mauvaise santé physique pourrait avoir un impact sur votre santé générale est vous rendre ainsi moins disponible et moins ne capacité de développer votre vie spirituelle.

Le deuxième principe : La soumission et le respect de la volonté et du désir de Dieu d'agir ou non. Même si les choses sont écrites, rappelle Jésus, on ne force pas la main de Dieu. L'action ou l'inaction de Dieu reste prioritaire à la volonté humaine. L'acceptation de ce principe devient une source de discernement. Ce qui est écrit ne s'accomplit que dans la volonté de Dieu qui répond selon sa justice appliquée dans les circonstances et les situations diverses et variées. N'oublions jamais que ses voies ne sont pas toujours nos voies et que les siennes ne sont pas forcément les nôtres, malgré nos certitudes parfois. Qui suis-je pour dire et savoir comment Dieu doit agir ou répondre aux besoins de notre humanité. Même si je ne comprends pas toujours ces agissements et ses silences, je sais qu'il est souverains et maitre de l'histoire finale de chaque vie et de notre humanité.

Le troisième : A Dieu seul mon adoration. Vers qui, vers quoi ira notre adoration si elle est déviée de la personne de Dieu ? Le troisième principe relève tellement de choses de la vie chrétienne et spirituelle que je ne soulèverai ici que l'idée du texte central de cet article. Ce passage nous montre combien nous devons être vigilant à la corruption spirituelle. Quand bien même nous sommes appelés à posséder de bonnes choses, il n'y a aucune légitimité à les posséder à n'importe quel prix. Particulièrement, quand il s'agit d'être sous la servitude d'autre chose que Dieu et de mettre les autres à notre service plutôt qu'au service du Roi des rois !

En résumé, il est important, pour vaincre la tentation, de se nourrir de la Parole de Dieu non pour forcer ou réclamer sa main dans notre propre intérêt égocentrique, détaché de sa volonté, mais pour que nous soyons et restions de vrais adorateurs qui hériteront le royaume des cieux non par la force, non par l'agressivité, non par la violence, non par la domination physique, psychologique ou encore morale, mais par faveur, amour et grâce par le moyen de la foi comme nous l'enseigne l'apôtre Paul dans notamment l'épître aux romains.

De la même façon, que le diable vint mettre en doute Jésus sur son identité et sa mission :" Es-tu vraiment le Messie ? Prouve-le moi ?" De la même manière, il vient parfois mettre en doute notre identité spirituelle : "Es-tu vraiment un enfant de Dieu ? Es-tu certains qu'il est là, qu'il existe et qu'il soit avec toi ?"

Les trois principes appliqués nous permettent d'être dans une posture spirituelle nous permettant d'ordonner avec autorité au tentateur et à la tentation : "Vas-t-en !" Dès lors, celui-ci n'a d'autre possibilité que de fuir nos pensées, notre univers spirituel, jusqu' à la prochaine occasion !

Que l'Éternel nous accorde donc sa faveur dans nos combats spirituels et qu'il nous rende vainqueur ! Que nous restions fidèle et confiant jusqu'au bout et nous serons couronnés de gloire au bout du chemin...

Dieu ne se prouve pas, il s'éprouve !

Tonino

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Publié le 30 Mars 2022

Les nouvelles du Pasteur "GAB" 
Episode 2
La punition du bon dieu

D’ordinaire, lorsque l’imprévu ne s’invite pas, deux fois par semaine, Gabriel prend le temps d’aller marcher. Si certaines personnes de sa communauté voient cela comme du temps perdu, gaspillé, ses plus proches amis savent que c’est un besoin vital pour son équilibre personnel. Bien plus que du plaisir, lorsqu’il marche, il ressent du bien-être. Ce sont ses instants de bonheur rien qu’à lui. Peut-être que derrière chaque plaisir éprouvé, se cache l’ambition de combler notre besoin de bien-être ? Et puis, sous prétexte qu’il soit un homme voué à prendre soin des âmes, pourquoi ne pourrait-il pas s’octroyer des instants de joie personnels, des instants rien qu’à lui ? La famille, le ministère pastoral cumulé à son métier d’accompagnant social est énergivore. C’est tout un art de pouvoir préserver cet équilibre fragile. S’occuper intensément des âmes blessées, perdues et délaissées, l’éprouve fortement. Mais il aime ça, c’est ce qui donne sens à sa vie. Il considère que c’est sa vocation. Cependant, il arrive qu’à certains moments, sa responsabilité de père et de mari se voit être mise à mal. Non pas qu’elle soit négligée comme disent certains, il en est trop conscient pour que cela soit qualifié en ces termes, il ne fuit pas ses responsabilités comme pourrait le penser d’autres, mais ses engagements pastoraux ajoutés à sa vie professionnelle le pousse parfois à retarder les besoins de la vie familiale.  Peut-il faire autrement ? Certainement ! Mais pour Gabriel, ce n’est pas facile d’ajuster le degré d’intensité à ses implications diverses, surtout qu’il est habité par le désir de contenter tout le monde. C’est de l’ordre de l’impossible, il le sait, mais son altruisme est à la fois sa qualité et son défaut.

C’est une de ces matinées où le soleil brille sans pour autant répandre une chaleur intense. Un matin où l’on peut prédire, sans se tromper, que la journée sera très agréable. Un début de journée où l’on peut s’entendre dire : « Qu’est-ce qu’il fait bon ! ». Il est 8h32 lorsque Gabriel emprunte la rue du Couvent. Ce n’est pas qu’il aime particulièrement cette rue, mais il n’a pas le choix, il doit la prendre s’il veut rejoindre le sentier qui le conduira à travers les prairies verdoyantes du village. Voilà plus de trois années qu’il use ses chaussures de marche dans cette rue. Il pense bientôt les remplacer, mais il y tient tellement, que tant que l’une des deux semelles ne sera pas complètement décollée, elles seront toujours à ses pieds. Il y a dans cette rue une grande maison dont la façade est si longue qu’on ne peut passer devant sans y jeter un regard interrogatif. De couleur jaune pâle, elle est constituée de quatre fenêtres distancées de trois mètres les unes des autres. A la droite de la porte, est accroché un beau numéro six tout neuf jurant avec la dégradation de la teinte murale.  Certes, elle a besoin d’une nouvelle couche de peinture fraiche, mais là n’est pas le plus intrigant. A chaque fois qu’il arrive à hauteur de cette façade, il aperçoit un léger mouvement de rideau. Fréquemment quelqu’un le regarde passer, mais il ne peut y mettre, ni un nom, ni un visage. Le pasteur Gab ne se doute pas un instant qu’aujourd’hui le mystère sera levé. Arrivant à quelques pas de la maison, Gabriel aperçoit que les volets sont restés fermés. C’est la première fois que cela arrive depuis trois ans. Quelques enjambées plus loin, son regard est attiré vers la porte qui semble ouverte. Arrivant à hauteur de celle-ci, il aperçu l’ombre d’une personne assise sur une chaise en bois toute rafistolée. Les yeux éblouis par le soleil, pour mieux voir, il posa sa main droite sur le front pour en faire un pare-soleil. C’est alors qu’après quelques secondes, un visage inconnu quelque peu fripé lui apparut distinctement. Installé dans le corridor, le propriétaire se fit entendre :

   -   Toi aussi le « bon dieu » t’a puni, cria une voix roque et grave ?

   -   Pff ! Vous m’avez fait peur ! Bonjour ! Pourquoi vous me dites ça ?

   -   Je vois que vous boitez, « l’bon dieu vous a puni ».

   -   Vous croyez en Dieu ?

   -   Non ! Je sais qu’il existe, mais je ne crois pas en lui.

   -   Ah bon, c’est la première fois que j’entends ça. Vous savez qu’il existe, mais vous ne croyez pas en lui ?

   -   Je sais il y a quelque chose là-haut, mais, ici en bas, on ne peut-pas compter sur ça.

   -   Vous croyez ?

   -   Moi, c’est George et ici, tout le monde me dit « tu ».

George est bien connu par les gens du village. Il fait partie de ces quelques personnes étant encore en vie et nées à une époque où toutes les mères accouchaient à la maison. Personne ne connait son âge. A la fois, tout le monde le respecte et tout le monde s’en moque un peu. Le surnommant « l’ancêtre », en exagérant un peu, on disait de lui qu’il avait plus de 150 ans.

   -   Tu es donc originaire d’ici George ?

   -   Oui ! Mes parents et leurs parents sont nés ici. On a d’ailleurs tous habités cette maison. On n’avait pas le choix. J’ai quitté l’école à 14 ans pour travailler dans les champs avec mon père. A cette époque, on pouvait vivre de nos récoltes, mais aujourd’hui, c’est plus ça !

   -   C’est vrai que les choses changent vite et ce n’est pas facile de s’adapter.

   -   Ouais, mais pour les gens comme moi ce n’est pas encore trop grave, j’ai une pension et plus que ma seule bouche à nourrir. Je viens de vendre à nouveau une partie de ce qu’il me reste comme terre. Mais pour les jeunes, il n’y a plus de métier. On nous a tout volé. C’est vrai que tout change, même les curés se marient maintenant. N’est-ce pas ?

   -   Ah bon ?

   -   Et en plus ils deviennent menteurs et hypocrites, c’est la meilleure !

   -   Si vous le dites ! Pardon !  Si « tu » le dis, George !

   -   Et en plus tu joues l’innocent ! Toi aussi tu vas faire comme la plupart, me faire passer pour un fou ou me prendre pour un vieux con ?

   -   Mais pourquoi me dites-vous ça ?

   -   « Tu », s’il te plait ! Et pas de « vous » avec moi !

   -    Mais pourquoi tu me dis ça ?

   -   Je sais que tu es curé, mais je sais aussi que tu as une dame et des enfants qui habitent avec toi. Et ne me dis pas que c’est ta sœur, une sœur on ne la colle pas comme ça !

Gabriel se mit à sourire, ses lèvres s’étirèrent comme un élastique.

   -   Tu ris en plus! George, on ne le trompe pas comme ça.

   -   Ce qui me fait rire, George, c’est que je ne suis pas curé.

   -   Ce n’est pas toi qui fais la messe tous les dimanches matin ?

   -   Bin si, mais je suis pasteur et pas curé ! Dans ma paroisse, on n’appelle pas ça la messe, mais la prédication ou encore le culte.

   -   Pasteur ! Je savais ! Oui, je m’en doutais, tu es une sorte de Gourou !

   -   Non pas du tout !

   -   Pour moi, tous ceux qui ne sont pas curés et qui font de la religion, ce sont tous des gourous. Et je m’en méfie car, ou ils nous promettent un paradis après la mort ou ils nous obligent à voir le paradis sur terre, sans même s’occuper des vraies choses de maintenant. La religion, c’est un peu comme la politique, des promesses, des promesses et encore des promesses… C’est pire que l’alcool !

   -   Pire que l’alcool ?

   -   L’ivresse quand elle est causée par l’alcool et qu’elle fait des dégâts, on sait que c’est mal ! On sait qu’elle fait du tort ! On n’dira jamais que c’est une bonne chose. Mais l’ivresse, c’est ce qui rend l’âme troublée, voilée, qui l’égare du bon sens et de la réalité. Il n’y a pas que l’alcool qui soûle. Les promesses aussi enivrent les âmes assoiffées de vivre une autre vie. Et quand on fait croire des carabistouilles aux gens et qu’ils ne s’en rendent même plus compte, on ne dit jamais que c’est mal, tout ça parce qu’on les fait rêver et s’illusionner. Mais moi, je pense que c’est tout aussi mal. Pourquoi l’ivresse des parlotes politiques ou de religion seraient bien et que l’ivresse d’un bon vin spiritueux serait mal ?  Pourquoi ? L’ivresse, c’est l’ivresse ! Oui, « l’bon dieu » nous a puni ! « É maux c’té maux, après cha, in faut nié m’dire que c’té bié !1 » N’est-ce pas ?

Gabriel, ne sut que dire face à ce discours. Il ne s’attendait pas ce matin à devoir philosopher et spiritualiser. De plus, il se sentit un peu déstabilisé par les comparaisons qui lui semblaient à la fois pertinentes et à la fois inappropriées.

   -   Pourquoi vous dites que « l’bon dieu » nous a puni ?

George se retourna et regarda le pasteur Gab d’un air sévère et dépité. Instantanément, il compris qu’une fois de plus il venait de le vouvoyer, mais qu’en plus il venait de toucher une corde sensible chez George.

   -   Je suis vraiment désolé George, mais il faut que tu sois patient avec moi. Je n’ai pas l’habitude de tutoyer les personnes âgées quand je ne les connais pas. Mes parents m’ont appris à vouvoyer les personnes étrangères et plus âgées que moi en signe de respect.

   -   Ouais ! D’abord je ne suis pas un étranger, l’étranger c’est toi ici ! Tu n’es pas natif de ce village, je suis le plus ancien après Odette. Et maintenant que tu me connais, ça devrait être plus facile. Ici dans le village, le « vous », c’est pour les inconnus et ceux que l’on n’aime pas.

   -   Je vais faire de mon mieux pour éviter le « vous », mais soyez indulgent avec moi. Au moins le temps que je m’y habitue. Maintenant, c’est vrai que si on se rencontre un peu plus souvent, ce sera plus facile.

   -   Ça, ne compte pas trop là-dessus mon gaillard. Je vois clair dans ton jeu, Monsieur le Gourou. Tu es venu pour essayer de m’attirer dans ta secte, n’est-ce pas ?

   -   Pas du tout ! Dit Gabriel en rigolant.

   -   Alors pourquoi tu viens me voir ?

   -   Je ne suis pas venu te voir George, c’est toi qui m’a interpellé au moment où je passais devant ta porte. D’ailleurs, tu m’as fortement surpris.

   -   Ah oui, c’est vrai ! J’attends le menuisier qui doit venir me réparer le volet. C’est pour ça que je suis assis sur le pas de la porte. D’habitude, je surveille la rue à partir du salon avec mon téléphone à côté de moi.

   -   Ah d’accord, je comprends maintenant pourquoi je vois régulièrement le rideau bouger lorsque je passe en face de chez toi ?

   -   Mais dis-donc, tu es un fameux curieux pour avoir repéré ce petit détail. Tu es comme la plupart des nouveaux du village.

   -   Ils sont comment les nouveaux ?

   -   Tous m’accusent d’un mal dont ils sont eux-mêmes coupables. Ce qui est grave, c’est qu’ils ne veulent pas le reconnaitre et préfèrent le penser de moi.

   -   De quoi t’accusent-t-ils ?

   -   De ce que tu es, de ce que je t’ai dit, d’être un « sale curieux ».

 -  Je ne suis pas un curieux, c’est juste une observation que j’ai faite spontanément depuis le temps que je passe dans cette rue.

   -   Alors, tu serais plutôt comme-moi ? Moi non plus je ne suis pas un curieux. Moi aussi j’observe,  je vérifie si tout se passe bien dans la rue.

 

Gabriel compris que George avait parfois quelques soucis pour organiser ces pensées et relier ces idées, mais qu’en même temps il avait toujours un esprit vif et réfléchi malgré son âge avancé. Il sentit en lui naitre une sorte de sympathie pour cet homme qui semblait avoir vécu des choses suffisamment marquantes pour parler de la sorte. Ce qui l’interpellait, n’était pas uniquement les mots qu’ils prononçaient dans son discours, mais toutes les émotions fortes qui accompagnaient sa causerie.

   -   Mais dis-moi George, pourquoi tu dis toujours « l’bon dieu » nous a puni ?

   -   Il t’ a pas puni toi ?

   -   Bin, non ! Pourquoi, tu penses que toi il t’a puni ?

   -   Ma fille se fait renverser et meurt à l’âge de trois ans, un de mes fils meurt d’un accident de voiture, il n’avait que 23 ans et ma femme m’a quittée à l’âge de 48 ans à cause d’un cancer. Tu vois bien qu’il m’a puni.

Que répondre à George se demanda le pasteur Gab ? D’un côté son savoir théologique lui donnait l’envie de rectifier la  vision que celui-ci avait de Dieu et de l’autre une voix intuitive et intime lui conseillait de simplement l’écouter et poursuivre le fil de la conversation.

   -   Je suis vraiment désolé pour toi.

   -   Tu n’as pas à être désolé pour moi, c’est pas toi qui m’a puni, c’est « l’bon dieu ».

   -   Mais pourquoi « l’bon dieu » t’aurait puni ?

   -   C’est Joseph !

   -   Joseph ?

   -   Oui ! C’est Joseph !

Durant quelques secondes, Gabriel cru que George perdait le fil de ses idées. Au même instant, le moteur d’une Renault Kangoo blanche attira son attention. Celle-ci s’approcha progressivement et s’arrêta en face du numéro six.

   -   « Eh bien, il t’en a fallu du temps Joseph !», s’écria George en direction de l’homme qui sortait de la voiture.

L’homme portait une casquette rouge sur laquelle était cousu l’écusson d’un drapeau Belge. Refermant la portière, il se dirigea en direction du coffre de la voiture et en sorti une boite à outil métallique rouge. Il était habillé d’une salopette rouge à bretelles et d’un tee-shirt jaune. A ses pieds, la paire de basket était également de couleur rouge.

   -   « C’est un fan » dit George en chuchotant en direction du pasteur Gab.

Il ne pouvait échapper à personne que Joseph était un fervent supporter des « diables rouges2 ». C’est d’un pas énergique et de vive allure qu’il se dirigea en direction de George en élevant la voix :

   -   Écoute-moi bien George, s’il t’arrive encore une fois de  me sonner à 5h00 du mat en insistant comme tu l’as fait, tu ne me verras plus jamais et tu te chercheras un autre menuisier. Et ne vas pas encore dire que je ne t’avais pas prévenu.

   -   « L’bon dieu » m’a cô puni3 Joseph !

   -   Laisse « l’bon dieu » tranquille, il ne t’a rien demandé. Si tu l’emmerdes autant que tu m’emmerdes, ça ne m’étonne pas qu’il t’a oublié et qu’il te laisse avec nous. Car, s’il y en a un de puni, c’est bien moi. Ton volet n’a rien à avoir avec « l’bon dieu », je t’avais dit de ne pas démonter la manivelle et de m’appeler si tu sentais une résistance.

   -   Toi aussi « l’bon dieu » t’a puni, hein ?

   -   De toute façon George, « c’est bié simple,  tint que tu s’ras là, j’s’rai  toudi » puni4.

   -   « Mi é tout joseph, mi é tout ! »5

George entra avec Joseph dans sa maison et referma la porte. Sans la moindre hésitation, il prit congé du pasteur Gab, l’oubliant ainsi devant chez lui tout en délaissant sur le bord du trottoir la conversation entamée. A croire que ce n’était juste que pour passer le temps. Gabriel n’en fut pas frustré, ni même mécontent d’ailleurs. Car, au programme ce matin-là, c’est un moment de détente qui était prévu et non une cure d’âme. S’étant remis en route depuis quelques minutes, n’étant plus très loin de là, après avoir emprunter la rue « du Raulx » sur cinquante mètres, il prit la rue des « Basses Pâtures » pour arriver enfin sur ce chemin de terre perdu au bout du village. Systématiquement, dès qu’il y faisait ses premiers pas, son corps et son esprit se toilettaient d’un habit soyeux et doucereux.  Il n’avait besoin de faire aucun effort pour que l’apaisement qui prend soin de son âme vienne le couvrir. Il lui suffisait juste d’être-là, présent, prêt à se laisser surprendre par ce que la nature lui donnerait à voir dans son dévoilement intime. Il venait d’endosser le paisible.

Bienfaisants, les rayons du soleil réfléchissaient sur sa peau. Ressentant cette douce chaleur, dans son esprit, croissait progressivement le sentiment de quiétude. Gabriel s’enfonça dans ce chemin de terre, il marcha jusqu’au bout ou un talus mettait fin à cette allée verdoyante bordée d’arbres et de muriers remplis de ronces. Des fils barbelés placés tout au long du sentier délimitaient des grandes prairies destinées à quelques troupeaux de vaches appartenant à l’un ou l’autre fermier de la localité. Gabriel reconnaissait et considérait cet environnement comme une bénédiction. Il se dit en lui-même : « Petit à petit disparaît cette part d’intelligence humaine qui depuis la nuit des temps tâchait de gérer l’environnement dans une vie harmonieuse avec la nature. La présence de ces génisses témoignent des traces restantes d’une civilisation qui permettait encore aux hommes de vivre dans le respect des ressources de la création et de  ses principes.» En regardant sur sa droite, il vit une clôture ouverte et son regard fut attiré par le tronc particulier d’un grand arbre dressé au milieu de cette prairie. Il décida de la traverser pour l’atteindre. Arrivé au pied de ce chêne majestueux, il retira de son petit sac à dos en toile de jute une couverture bleue foncée qu’il étala par terre. Il se sentait si bien, qu’il décida de s’asseoir pour y passer quelques heures. Bien installé, il laissa errer son regard d’un point à l’autre de l’horizon qui se tenait comme suspendu devant lui. Après plus d’une demi-heure, il prit sa paire de jumelles  pour scruter quelque peu la vie qui s’animait au-delà de ce que ses yeux étaient capables de voir naturellement.  Impossible d’approcher ses détails sans une aide visuelle. Les yeux collés sur les parois circulaires de sa petite boite prodigieuse, il s’appliqua à déplacer lentement son regard. Dans ces moments de grâce,  comme à son habitude, Gabriel focalisa son attention sur tous les petits détails qui deviennaient accessibles. Pour le plus grand plaisir de son âme il se sentit transporté par la création.  Il figea son observation sur une mésange charbonnière qui tenait dans son bec une petite graine qu’elle concassait sur la branche d’un noisetier. Tout à coup, il fut attiré par une ombre au déplacement rapide. Il vit un troglodyte se nourrissant d’une chenille qui venait d’être délogée de sa tranquillité apparente. Elle était là, posée, placide, sur une fleur blanche au pied de l’arbuste à la forme voutée. Savait-elle qu’elle vivait les derniers instants de sa vie ?

Ces appréciations ayant nourri suffisamment son besoin de contemplation, le temps était venu d’écouter un peu l’estomac. Gabriel prit son petit casse-croûte qu’il déposa à sa droite ainsi que ce livre si cher à ses yeux, sa bible. Il eut faim, certes, mais il ne voulut pas nourrir son corps avant d’avoir pu nourrir son esprit de cette parole bienfaisante. Il n’aimait pas lire des passages choisis au hasard car, disait-il, ceux-ci perdent de leur saveur et de leur sens en dehors de tout contexte scripturaire. Il préférait généralement lire un livre biblique dans son ensemble tout en s’arrêtant sur les passages conviant son attention durant ses lectures. Par cette précaution, il pensait amoindrir les risques de faire dire ou vouloir faire dire à la bible ce qu’elle ne dit pas ou ne suggère pas. C’était une façon pour lui de chercher à se rapprocher au mieux de l’esprit d’un texte biblique, tout en évitant d’aliéner ses pensées plus à des mots qu’à leur but visé dans leur contexte d’origine. Il restait convaincu, qu’avant de parler à l’ensemble des croyants, chaque livre biblique s’adressait d’abord, de façon singulière aux hommes de son temps. Ce qui pour lui, ne l’empêchait pas de reconnaître sa fonction première : révéler Dieu et sa volonté aux consciences contemporaines de chaque génération. « Ce qu’il faut avant tout apprendre à discerner pour entendre la Parole de Dieu au travers de la bible, avait-il l’habitude de dire, c’est l’intemporel du temporel, le singulier du commun, le particulier du général. Tout ce que la bible évoque, ne s’adresse pas toujours à tous et à toutes les époques. » Même si ce principe n’était pas partagé par tous les collègues pasteurs qu’il fréquentait, il considérait cela comme un fondement pour une intelligence renouvelée et ajustée. Mais aujourd’hui, son admiration pour la nature et sa rencontre avec George éveilla en lui le désir de relire ce passage où le Christ s’inspire de cette nature. Le tableau de la création qu’il venait de contempler lui rappelait celui dépeint par Jésus. Il ouvrit sa bible et rechercha ce passage des évangiles bien ancré dans sa mémoire. Ouvrant sa bible, il tourna rapidement les pages pour survoler les chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu. Il repéra cette petite portion de texte en Matthieu 6 au verset 26. Toujours soucieux du contexte, il ne voulut pas débuter sa lecture en plein milieu du passage et chercha un point de départ intéressant pour sa relecture. Guidé par son index, il fixa son attention sur ses petites annotations dont il avait pris l’habitude de crayonner sur chaque bord de page. Il remonta au verset 25, puis encore un plus haut au verset 19. C’est de là qu’il décida de goûter à la manne spirituelle matinale. Il lut le passage suivant :

Ne vous amassez pas des richesses, des trésors, sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. En effet, là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Les yeux sont comme une lampe pour le corps ; si donc tes yeux sont en bon état, ton corps entier jouira de la lumière. Mais si tes yeux sont malades, en mauvais état, tout ton corps sera plongé, dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est obscurcie, combien ces ténèbres seront grandes. Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’argent. C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas en vous demandant : « Qu’allons-nous manger ou boire ? Avec quoi allons-nous nous habiller ? » la vie ne vaut-elle pas bien plus que la nourriture , Et le corps ne vaut-il pas bien plus que les vêtements ? Voyez ces oiseaux qui volent dans le ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de provision dans les greniers, et notre père céleste les nourrit. N’avez-vous pas bien plus de valeur qu’eux ? D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ? Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet ? Observez les lis sauvages ! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements. Pourtant, je vous l’assure, le Roi Salomon lui-même dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi cette plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas vous-même ? Ah, votre foi est bien petite ! ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas : « Que mangerons-nous ? » ou « Que boirons-nous ? » ou « Avec quoi nous habillerons-nous » ? Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est dans les cieux, sait que vous en avez besoin. Faites-donc du royaume de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux, votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus. Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Gabriel, ferma sa bible, laissa son esprit méditer librement sur ce qu’il venait de lire et de vivre en cette matinée. Il se mit à prier ainsi :

«  Père, éclaire mon âme pour qu’apparaissent à la vue de mon esprit les richesses éternelles qui ne rouillent pas, mais qui attirent, n'ont pas les voleurs, mais les cœurs sachant se contenter du peu suffisant ou de l'abondance à faire profiter le prochain dans le besoin. Que j'apprenne à fermer les yeux devant les convoitises de ce monde qui m'éloignent de la pureté du cœur cherchant ce qui se partage avec autrui et non ce qui nous distingue socialement des autres. La foi, l'espérance et l'amour sont des coffres à trésor remplis d'actes et de pensées qui me conduiront à la vie. Aide-moi à les ouvrir et à y puiser ce qui est bon pour l'être que je suis, soucieux de t’aimer. Accorde-moi la force de dominer les attraits de ce monde qui ne pourraient qu'éloigner mon âme de ces perles de vie à la fois affectueuses et vertueuses. Je ne veux être asservi ni à l'argent, ni à la gloire mais à l'amour et à l'humilité. Les batailles de l'âme sont rudes et la guerre n'est jamais terminée. Je reconnais que les inquiétudes me gagnent parfois au point d'en oublier ta fidélité promise à ceux qui mettront leur foi en ton fils ressuscité à la vie. Je sais que la vie est bien plus précieuse que la possibilité de goûter aux plus beaux mets et de posséder les vêtements les plus somptueux. La vie n'est ni le luxe, ni le confort qui peut l'accompagner, mais le doux plaisir de vivre pleinement conscient de l'existence qui me rapproche de toi, de ta présence. Je pense à ceux dont la pauvreté et le manque n'est pas une inquiétude mais une réalité de chaque jour. Que je puisse participer à l'équité et au partage des ressources selon la sagesse que tu m'accorderas à la gestion de ce qui m'appartient. Pour mes lendemains, j'aimerais tellement me préoccuper à rechercher partout où peut se voir ton Royaume et en appliquer sa justice, mais sans ton esprit pour guider et éclairer ma vision obscurcie de la vie, je ne peux y arriver. Accorde-moi la faveur de cette grâce ! En contemplant ce que tu as fait, je vois ta préoccupation de nourrir tes créatures au travers de ta création, mais je vois aussi, qu'en la détruisant, l'homme est en train de faire disparaître le potentiel qui, depuis toujours, aurait permis de nourrir en suffisance chaque bouche, afin que chaque mère et chaque père ne doivent jamais se soucier des besoins élémentaires à la survie de leurs enfants. Pourquoi la richesse vient appauvrir la solidarité plutôt que de l'enrichir ? Pourquoi l'homme est incapable d'équité ? Qu'est ce qui le retient à devenir bon ? Je sais qu’à tes yeux, chaque être qui respire, que chaque vie a une valeur identique inestimable, jusqu'à donner ta propre vie pour le salut de chacune d'elles qui accueillera ton acte d'amour. Je suis si reconnaissant pour tout ce qui m'appartient, car en réalité, tout ce qui m'appartient t'appartient et me vient de toi. En réalité, rien ne nous est dû. Cependant, nous devons arracher aux mains de ceux qui ont pris possession de tes bienfaits les ressources essentielles pour vivre.   Au nom d’une certaine méritocratie reconnue et évaluée par l’estimation de ces acquéreurs, les principes du royaume des ténèbres discriminent et subornent. Et cela, au prix parfois d'un travail acharné et peu payé en retour de nos besoins et de nos efforts sous-estimés. Certains n'ont même pas cette chance sur cette planète possédée par le dieu Mammon. Que notre humanité puisse trouver la voie de ton exemple, la voie de la délivrance ! Père, je termine ma prière en ayant une pensée particulière pour ce vieux Georges qui a perdu non seulement des trésors terrestres, mais surtout ce qu'il avait de plus cher, ce qu'il y a de plus cher pour un être humain, sa femme et ses enfants. N'hésite pas à faire de moi un instrument, non seulement pour le salut de son âme, mais aussi pour la résurrection en lui de l'amour et de l'espoir qu'il peut encore bénéficier pour les jours qui lui restent à vivre sur la terre. Que ses yeux s’ouvrent, que se déchire le voile qui l’empêche de voir en toi le Dieu de la grâce et non de la punition terrestre. C'est dans l'humilité et soumis à ta volonté que je t'ai ouvert mon cœur. Je me confie ainsi dans la grâce qui m’est accordée par la foi en ton fils Jésus-Christ. Amen !»

Le pasteur Gab ouvrit lentement ses yeux et se sentit libre et léger. Il prit le temps de se rassasier de son petit déjeuner tout en prolongeant ces instants d’observation et de contemplation jusqu’à peu avant midi. Le temps était venu pour lui de rentrer, car l’après-midi s’annonçait bien remplie.  En repassant devant la maison de George, il épia la fenêtre pour voir si les rideaux se mettraient à bouger ; Gabriel espérait pouvoir lui faire un petit signe de la main pour signifier le plaisir d’avoir fait sa connaissance ce matin, mais tout resta inerte, pas le moindre mouvement derrière la fenêtre. Il se dit que George devait être occupé à autre chose que son passe-temps matinal et qu’un autre matin, certainement, il aurait l’occasion de le rencontrer à nouveau, prêt à l’interpeler pour une nouvelle petite causette amicale et pleine d’humanité.

 

1. Largo du Borinage : « un mal c’est un mal, après ça, il ne faut pas me dire que c’est un bien ».

2. Nom donné à l’équipe nationale Belge de football.

3. Largo signifiant « encore »

4. Largo du Borinage signifiant : « C’est bien simple, tant que tu seras là George, je serai toujours puni ».

5. Moi aussi Joseph, moi aussi !

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

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Publié le 18 Mars 2022

PERDU(E) ET EGARE(E)

Les évènements de ces derniers temps n'ont pas été évidents pour beaucoup, laissant certains perdus et égarés.

Il peut y avoir plusieurs causes d'égarements: je suis conduite dans 4 voies particulières...

Pour certains, l'égarement a pu être une cause physique, telle l'apparition d'une maladie,  d'insomnies, de changement dans son corps telle la prise ou la perte de poids etc... 

Pour d'autres, la cause de leur égarement à pu se manifester de manière morale et mentale: une profonde inquiétude, de l'anxiété, l'apparition de désespoir voire de dépression même de pensée de suicide, le changements dans les repères relationnels, amicaux et professionnels...

D'autres causes d'égarements ont pu apparaître de manière spirituelle par exemple: la déconnexion des lieux et habitude d'églises, la difficulté par la suite de se reconnecter spirituellement, tant avec sa famille spirituelle qu'avec Dieu, plongeant certains dans un profond désert spirituel...

L'aspect environnemental tel une perte d'emploi, la perte d'un être cher, une catastrophe météorologique, la fuite de son lieu de vie et de son pays... ont pu être aussi des causes d'égarements et de sentiment d'être perdu(e)s !

Pour certains, cela a pu être le tout à la fois, pour d'autres, totalement autre chose...

Quelle qu'en soit la cause, la conséquence directe: se sentir et/ou se retrouver perdu(e), égaré(e) et parfois apeuré(e), sans conditions qui nous rassurent.

Une bonne nouvelle persiste tout de même.

Il existe un repère sûr, qui ne faillit pas et qui ne change pas, qui permet de se retrouver à nouveau avec des repères dans l'existence.

"Tu es mon Dieu mon Père, tu es mon univers

Je suis ancré dans ton amour, je chanterai toujours

Tu es mon défenseur, tu es mon rédempteur

Entre tes mains, tu tiens mes voies, non je ne crains pas

Jésus tu es tout pour moi" (Momentum)

Seigneur Jésus-Christ, vois les circonstances qui n'ont pas été favorables pour beaucoup, les laissant perdus, égarés, sans voix...

Tu es la voix dans le désert qui crie à nouveau afin de rappeler tes enfants dans le chemin de la stabilité, de l'équilibre là où tout n'est que désordre et chaos.

"Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerez du repos. " Du repos physique, moral, spirituel ! (Matthieu 11.28)

"Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité et la vie..."  Tu permets à tes enfants de retrouver direction, vérité et stabilité en ces temps troublés. (Jean 14:6).

C'est toi qui est notre berger, qui nous conduit et qui restaure nos âmes, nous ne manquerons de rien. C'est toi qui nous rend des forces neuves et pour l'honneur de ton nom, tu nous mènes pas à pas sur le droit chemin. Nous ne craignons rien car tu es auprès de nous. Oui toute notre vie, ta bonté et ton amour nous accompagneront. C'est pour ces raisons parmi tant d'autres que nous continueront à élever ton nom, à te louer, t'exalter et te glorifier car tu agis avec droiture et tout ce que tu fais est juste. (Psaumes 23 et Daniel 4.34).

Viens sauver tes enfants de leurs voies d'égarements et accorde leur de pouvoir trouver ou retrouver direction et repos pour leurs âmes. En ce nom plus grand que tout et qui peut tout, Jésus-Christ, notre rocher et notre libérateur. Amen

Christine

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Rédigé par Christine D'Arcangelo

Publié dans #Encouragement

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Publié le 2 Mars 2022

La fureur Poutinienne au regard d'une réflexion d'éthique chrétienne personnelle.

Cet article n'est ni un commentaire géopolitique, ni un déferlement de mon opposition certaine sur ce qui se passe en Ukraine, mais une occasion pour moi de partager avec vous une réflexion d'éthique chrétienne spontanée et personnelle. S'éduquer à développer la réflexion éthique de source chrétienne est bien plus important, pour ma part, que de transmettre nos croyances doctrinales, même si celles-ci restent très importantes lorsque nous les considérons à leur juste place. Il me semble que le Christ, comme l'apôtre Paul, l'apôtre Jacques, ainsi que les autres écrivains bibliques le disent à leur manière dans leurs écrits. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis...", "Si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien...", "La foi sans les oeuvres est morte...", etc. 

Nous voyons bien que le Christ et l'Eglise primitive mettaient un point d'honneur à prioriser l'agir aux discours religieux. Le savoir-être devrait-être la marque du chrétien. Le Christ lui même le déclare : " A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, à l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

Sommes-nous à la hauteur de ce défi ? Il est effectivement plus facile de se réclamer disciple par le discours que de le démontrer par une attitude juste et constante. Si le salut est une réalité reçue par grâce et non par mérite, cela ne doit jamais occulter l'engagement du coeur à développer une attitude et un comportement de vie globale dirigée par la pensée du Christ ! 

Quelle part de notre coeur choisissons-nous ? 

Lorsque j'écoute attentivement ce que nous enseignent les textes les plus anciens de la Bible sur la description humaine, je retiens, avant toute autre réflexion, que tout homme qui naît dans ce monde devra lutter contre lui-même pour devenir un être bon, un être meilleur, car sa propre nature laissée à elle-même est entachée par une tendance destructrice et destructive. Comme Dieu créant notre monde, du chaos (Tohu-Bohu) à la vie très bonne, nous sommes également appelés à participer à la restauration et au maintien d'une vie bonne avec et pour autrui. Le péché tapis à notre porte, nous sommes appelés à le maîtriser en nous afin de construire et non détruire toutes formes de vie.

1"L'Eternel dit à Caïn : Pourquoi te mets-tu en colère et pourquoi ton visage est-il sombre ? Si tu agis bien, tu te relèveras. Mais si tu n'agis pas bien, le péché est tapi à ta porte : son désir se porte vers toi, mais toi, maîtrise-le ! Mais Caïn dit à son frère Abel : Allons aux champs. Et lorsqu'ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua."

Une des premières vertus que devrait rechercher le chrétien, c'est la maîtrise de soi en soi pour lutter contre l'effet dévastateur d'une colère non gérée. Le texte nous rappelle que notre manière d'agir face à nos émotions négatives permet,  après un échec ou une situation désagréable, de nous relever meilleur ou  pire. Comment agir au maintien de la vie plutôt que laisser les pulsions morbides prendre le contrôle de nos actes et de nos décisions, tel est l'enjeux spirituel et psychique ? Perdre cette guerre spirituelle en soi, ne pas pouvoir vaincre ce désir qui s'éveille dans la chair, peut nous conduire à des démarches aux conséquences plus que dramatiques. Les plus grandes   horreurs peuvent voir le jour lorsque la colère atteint son plus haut degré de contamination. L'histoire nous montre que la colère peut faire naître la haine et que la haine peu faire naître la violence, que la violence peut faire naître le meurtre, voire l'assassinat (préméditation). Caïn n'a pu supporter la faveur que Dieu porta au sacrifice d'Abel et à son coeur. Dit autrement, ce que laisse aussi supposer ce texte, c'est que Caïn ne supporta pas la non considération du Créateur pour son intention et son offrande. Ce qui laissa place à ce stratagème : si un autre me fait de l'ombre, si un autre est reconnu comme plus juste que moi, je l'élimine. D'une part son image, son exemple disparait, et d'autre part, je reste, par là, le seul modèle à suivre pour ceux qui m'entourent. La stratégie de Caïn est terriblement moderne, elle n'a pas pris une ride : isoler l'autre sans défense, loin des regards pour meurtrir, et l'éradiquer. Sa carence spirituelle l'a conduit à croire que son acte pouvait échapper aux yeux de Dieu. Des "Caïn" en puissance, l'histoire de notre humanité en est remplie. Il suffit d'évoquer les noms de Nimrod, d'Hérode, d'Hitler, de Poutine aujourd'hui, et tellement d'autres, pour faire rapidement la connexion. Je ne peux aussi m'empêcher de penser à la manière dont le Christ fût traité au milieu de ses semblables. Là, il n'était pas question d'un dictateur, d'un tyran unique qui s'imposait par le pouvoir occupé, mais par une multitude d'êtres qui réclamait cette folie meurtrière. 

Le plus horrifiant pour ma part, c'est de me dire que des hommes de la même nature que nous ont été capables des plus grandes atrocités, des plus grands crimes contre l'humanité. Des hommes de la même nature que moi. Cela veut dire qu'en nous, qu'en moi, existe une possibilité de dériver vers ce qui a de pire. C'est ce que la bible détermine comme étant la conséquence du péché. Péché qui signifie littéralement : rater la cible, rater le but, rater l'objectif. Cependant, ce n'est pas parce que le mal n'a pas atteint son paroxysme en nous que nous n'empruntons jamais son chemin. Dans les exemples extrêmes cités ci-dessus, le mal s'est étendu  aussi loin que les limites du pouvoir acquis le permettaient. Ce que semble dire certains spécialistes de la géopolitique et de la défense militaire, c'est que Poutine ira aussi loin que les limites de son pouvoir lui permettra. 

Si je suis d'accord avec ce que pense la majorité des européens condamnant les actes de Poutine au rang des barbaries, j'essayerai plutôt ici, de regarder ce qui en moi se joue spirituellement à une échelle moindre. Ce n'est pas parce que mon pouvoir et mes limites sont moins étendus, dans des domaines moins médiatisés, que je ne peux pas être aussi un petit dictateur en force et en pleine démarche de destruction des autres. De quoi sont constituées mes pensées internes, car tout commence dans l'intériorité, au fond de l'âme. Il est plus facile de dire au monde qui nous environne qu'il doit changer, de le condamner, que de commencer par reconnaitre et changer ce qui doit l'être en soi. La folie humaine parcours tout un chemin psychique et spirituel avant d'en arriver à faire la guerre aux autres de cette façon. Il y a des guerres plus cachées mais tout aussi nocives. Je ne vois pas le mal comme un fait isolé, mais comme un processus que l'on doit repérer et dont il faut vaincre son mécanisme.

2"Noé construisit un autel pour l'Eternel, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs, et les offrit en holocauste sur l'autel. Le parfum apaisant du sacrifice parvint jusqu'à l'Eternel qui se dit en lui-même : Jamais plus je ne maudirai la terre à cause de l'homme, car le coeur de l'homme est porté au mal dès son enfance, et je ne recommencerai plus à détruire tous les êtres vivants comme je viens de le faire."

Si certaines philosophies semblent accepter l'idée que l'homme naît foncièrement bon, la bible est beaucoup plus nuancée à ce sujet. Il semblerait que la théorie de l'homme initialement bon ne soit plus ou pas défendable depuis sa grande chute spirituelle. Cependant, le texte ci-dessus ne suffit pas pour se faire une idée suffisamment nourrie par les Ecritures. Un autre texte du nouveau testament vient équilibrer celui de Genèse : 

3"L'homme qui est bon tire le bien du bon trésor de son coeur; celui qui est mauvais tire le mal de son mauvais fond. Ce qu'on dit vient de ce qui remplit le coeur."

L'homme a en lui la faculté de choisir de devenir meilleur ou celui de se laisser-aller au pire. C'est un choix que nous devons faire tous les jours de notre vie et en toute circonstance. 

Le pacifisme comme un des principes essentiels visés

Rechercher la paix sous toute ses formes est un principe indispensable car il est essentiel pour la construction d'un monde meilleur. Le royaume de Dieu appartient aux pacifistes.

4"Heureux ceux qui répandent autour d'eux la paix, car Dieu les reconnaîtra pour ses fils".

Cependant, le maintien d'un état de paix est tributaire d'un engagement réciproque. Nous ne pouvons être en paix sociale que si nous ne nous faisons pas la guerre, que si nous ne nous cherchons pas querelle et provocation. Si l'une des deux parties ne vise pas cet objectif, la paix se trouve dissolue, en tous cas dans la relation à l'autre.

5"Ne répondez jamais au mal par le mal. Cherchez au contraire à faire ce qui est bien devant tout les hommes. Autant que possible, et dans la mesure où cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes."

S'il est normal de se protéger, et heureusement, voir de se défendre contre toute attaque destructive, la pensée de l'évangile ne nous autorise pas pour autant à attaquer les autres pour viser leur mort, leur destruction complète et totale. Même si une riposte musclée à une agression vise à se défendre de la folie de l'oppresseur, celle-ci doit toujours rester la dernière solution après avoir essayé toutes les autres possibles. La guerre sera toujours un échec pour l'humanité. Nous devons brandir l'étendard de la non-violence. Si par la force des choses, nous avons franchi la frontière, nous devons sans cesse travailler à son retour. Tout conflit que l'on cherche à résoudre par la violence, quelqu'elle soit, n'aboutira jamais à une solution durable.

Le désarmement du coeur précède le désarmement extérieur

Il me semble que ce principe est aussi valable à l'échelle de nos petits conflits relationnels. Tout ce qui fait appel à la violence et à l'agressivité n'est bon pour personne. Tout conflit humain ne peut être résolu que par un dialogue sincère, mené dans un esprit d'ouverture et de conciliation. Nous déclenchons aussi nos propres petites guerres. Nous avons besoin de cultiver notre coeur à la non-violence. Si je rêve parfois d'un monde qui, au lieu de dépenser de l'argent pour renforcer sa force militaire, dépense celui-ci et toute son énergie au désarmement, je me dis que cela doit commencer par le désarmement de mon coeur et de celui de mes semblables. Cela passe par la compassion et la sollicitude envers l'autre, mais aussi par une vertu que l'on retrouve également dans les fruits de l'Esprit de l'Epître aux Galates, la patience. 

Si nous revenons au processus du mal à partir de ce texte décrivant le meurtre de Caïn tuant son frère Abel, nous voyons l'absence totale de dialogue. Il n'y eut aucun échange constructif permettant de développer de la complémentarité. Au lieu de cela, ce fut l'orgueil et la jalousie. Naquit  ainsi l'esprit de concurrence qui dirigea le coeur de Caïn. Aucune écoute à la prévention que Dieu lui partagea. Dieu fait savoir à Caïn que la solution à son mal-être se trouve en lui. Caïn aurait pu éviter cette acte meurtrier s'il avait chercher la paix dans son être intérieur, s'il avait fait la guerre à sa chair plutôt qu'à son frère. Eliminer, faire taire, enfermer, éloigner l'autre ne sera jamais la solution pour un monde en paix.   Avant de devenir un instrument de paix pour notre monde, nous devons être avant-tout en paix avec nous-même, avoir la paix intérieure. Un bon traitement de notre environnement intérieur nous rendra heureux et fera de nous des instruments de la non-violence. L'Esprit du Christ a pour fruit la patience qui est appelée à nous rendre spirituellement mature. Ne pas pouvoir maitriser nos agissements et décharger notre colère, notre frustration sur autrui est un indicateur de notre besoin d'évoluer dans la maturité spirituelle. Aspirons à évoluer dans cette direction si nous voulons un monde meilleur. La véritable patience soigne notre colère. Cette patience dont parle la bible n'est pas la capacité de retarder l'expression de notre colère envers l'autre. Ce n'est pas cette patience qui lutte pour repousser ses limites d'acceptations. C'est celle qui vient de la compassion qui consiste à oeuvrer pour le bien d'autrui, pour le bien-être des vivants dans son ensemble. J'ai la conviction que dans la colère, il ne peut y avoir de dialogue, même si certains pensent le contraire. L'amour de l'un qui accueille la colère exprimée par l'autre est une bonne chose pour celui qui l'exprime, mais il ne peut y avoir que cela. Il faut que  ces colères s'apaisent. Tant que l'un n'a toujours pas trouvé sa paix intérieure, il ne peut y avoir un véritable dialogue constructif au service d'un bien-être commun

Citoyen de la terre et ambassadeur du royaume de Dieu

Citoyen de la terre et ambassadeur du royaume de Dieu, voilà comment je considère l'appel lancé aux chrétiens du XXIème siècle. Oublier que nous sommes dans le monde, c'est oublier que nous sommes le sel de la terre et que nous pouvons apporter de la saveur au vivre ensemble. A force de se désintéresser de ce que vit les autres pour se consacrer uniquement à nos activités religieuses, nous risquons de devenir "des sépulcres blanchis" comme disait Jésus aux pharisiens.

La pensée de l'évangile, c'est de toujours viser un monde meilleur en commençant par soi-même avant de critiquer et de vouloir que les autres changent. Devons-nous  cesser de chercher à être bon sous prétexte que le  monde serait mauvais ? Devrions-nous rabaisser le niveau d'exigence morale sous prétexte que les autres n'y adhèrent pas ? Nous ne sommes pas meilleurs que les autres, comme tout un chacun, nous avons la responsabilité de devenir chaque jour un être meilleur. Un processus de vie intérieure qui demande courage et persévérance. Persévérance, car il faut avoir foi en l'Amour c'est à dire faire confiance à ce principe qu'est l'amour du prochain et lui rester avant-tout fidèle. Courage, tout simplement parce que nous devons lutter parfois contre le découragement et le désespoir de ne pas voir le fruit de nos efforts transformer notre monde comme nous aimerions le voir. 

Si notre monde à besoin d'un désarmement extérieur, il a aussi besoin d'un démantèlement intérieur de la haine, des préjugés, de l'intolérance... Avant de pointer ce qui ne va pas dans ce monde, pardonnez-moi ma franchise, mais nous avons bien du travail dans nos églises chrétiennes... Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, la tolérance ne signifie pas tout accepter et renier nos doctrines religieuses, mais elles ne doivent être un obstacle à notre désir de bâtir un monde meilleur avec et pour les autres. Même si celui-ci ne verra le jour qu'au retour du Christ, cela n'est pas une excuse pour cacher notre responsabilité universelle qu'incombe tout être humain sur cette terre à commencer à le bâtir. Prêcher ne suffit pas, ne suffit plus. Le monde a besoin de livres vivants qui se manifestent non pas dans les discours mais dans l'amour du prochain, car en aimant notre prochain nous prouvons par là que nous aimons Dieu.

6"Quand à nous nous aimons, parce que Dieu nous a aimés le premier. Si quelqu'un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c'est un menteur. Car s'il n'aime pas son frère qu'il voit, il ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas. D'ailleurs, le Christ lui-même nous a donné ce commandement : celui qui aime Dieu aime aussi son frère."

7"Comment peux-tu dire à ton frère : " Frère, laisse-moi enlever cette sciure que tu as dans l'oeil ", alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Commence donc par retirer la poutre de ton oeil; alors tu y verra assez clair pour ôter la sciure de l'oeil de ton frère.

De l'Amour pour son ennemi

Aimer son ennemi, est-ce possible ? Aller dire aux Ukrainiens qu'ils doivent aimer Poutine, est-ce seulement audible ? Aimer son ennemi, serait-ce le but visé dont il serait impossible d'atteindre ? Ou serait-ce la seule voie, qui loin d'être facile, mènerait l'humanité à sa meilleur part ? A lutter contre la tentation de répondre au mal par le mal ?

Quand bien même, en arrière plan, la vision philosophique et spirituelle de cet homme n'est pas la mienne, je tiens malgré tout à partager quelques  pensées du Dalaï-Lama qui sont en accord avec l'évangile. Lors de divers interviews où il faisait notamment référence à Jésus, entre autre, il dit : "Je n'ai pas d'ennemi. Il n'y a que des hommes que je n'ai pas encore rencontrés (sous entendu, que je n'ai pas encore rencontré leur part bonne d'humanité). La non-violence est une application intelligente de l'amour de l'ennemi. Il existe de nombreuses possibilités d'améliorer le monde, de susciter un changement dans la façon de penser : sur le plan de la famille, de la communauté, sur le plan national et international, à l'échelle planétaire. J'attends avec joie le jour où les enfants apprendront les fondements de la non-violence et de la résolution pacifique des conflits, à savoir l'éthique séculière. Si nous souhaitons rendre ce monde meilleur, nous devons devenir nous-même des femmes et des hommes meilleurs. Il n'y a pas de voie facile. Gandhi était un grand ami de Jésus et de son pacifisme du sermon sur la montagne et dira : nous devons être nous-même le changement que nous souhaitons voir dans le monde."

J'en retire une leçon grandiose d'amour et d'humilité quand j'entends le responsable spirituel du Tibet qui ne nourrit aucune haine à l'égard des dirigeants chinois qui occupent son pays depuis 1959 et qui depuis vit en exil en Inde. Sans prétendre être son disciple, il reconnait, applique, s'en inspire pour son enseignement, élève et embrasse les valeurs portées par la personne du Christ avec un engagement profond pour l'amour de l'humanité. Sommes-nous devenus trop religieux et matérialistes pour ne plus apprécier l'essence même du Christianisme ? Avons-nous perdu cette sensibilité pour l'amour de toutes les âmes, celles des brigands comme celles des justes ? Ou avons-nous renié ce qui en est l'essence ?

L'oubli de l'Amour de Dieu à  l'égard de notre état passé en tant que pécheur deviendrait-il l'obstacle qui nous empêche de croire que Dieu est encore capable d'agir dans le coeur d'un esprit aussi égaré qu'il puisse être ? Ceci étant dit, je le redis à nouveau, l'amour du prochain, ce n'est pas faire du sentimentalisme ou braver toute forme de justice humaine, ce n'est pas du tout de cela dont il s'agit ici.  Il s'agit ici d'un amour intelligent qui ne ferme pas les yeux pour considérer le coupable comme innocent, mais qui oeuvre pour démontrer tout le bénéfice d'un véritable regret de ses erreurs et d'un véritablement changement de direction, non seulement pour le salut de son âme, car uniquement cela ne serait que préserver une pointe d'égoïsme, mais aussi et surtout pour la guérison et la restauration de notre humanité. 

Je vous laisserai encore quelques paroles du Christ pour votre méditation personnelle sur ces points que je viens d'effleurer en vue d'éveiller quelque peu nos consciences :

8" Donne à celui qui te demande, ne tourne pas le dos à celui qui veut t'emprunter. Vous avez appris qu'il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire le soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, allez-vous prétendre à une récompense pour cela ? Les collecteurs d'impôts n'en font-ils pas autant ? Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens n'agissent-ils pas de même ? votre Père céleste est Saint (mis à part), soyez donc saint (mettez-vous aussi à part) comme lui."

Au final

Cet article n'a nulle autre ambition que de nous éveiller à exercer notre éthique chrétienne, c'est à dire à exercer notre conscience à la volonté d'appliquer de nos jours les principes et les valeurs spirituels et humains enseignés par le Christ. Celle-ci nous convie à approfondir et à poursuivre cette démarche spirituelle qui donne sens à la raison de notre existence parmi nos semblables. 

Comme moi, vous ne vous sentez peut-être pas à la hauteur de cette visée, c'est normal. Les êtres que nous sommes sont en devenir. Imparfaits, certainement, mais perfectibles assurément. Nous ne sommes pas appelés à se montrer meilleurs les uns par rapport aux autres, mais à être, aujourd'hui et demain, meilleur en soi que ce que nous étions hier. Ce n'est qu'entre les mains du potier que l'argile est susceptible de se transformer en vase utile. Ce n'est qu'entre les mains du Créateur, nous travaillant par l'Esprit de son Fils, que nous devenons utiles à la préparation d'un monde meilleur, à la venue de son royaume.

Face à notre faiblesse, plutôt que de diminuer la visée du Créateur à l'égard de ses attentes de la part de sa création, reconnaissons notre état actuel et cherchons à nous laisser transformer au travers de sa grâce rédemptrice.

 

 

 

1. Genèse 4.6-8

2. Genèse 8.20-21

3. Luc 6.45

4. Matthieu 5.9

5. Romain 12.17-18

6. 1 Jean 4.19-21

7. Luc 6.42

8. Matthieu 5.42-48

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #Réaction actualité, #L'agir éthique et l'enseignement du Christ

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Publié le 17 Janvier 2022

Les nouvelles du Pasteur "GAB" 
Les larmes de l'injustice

Il était 18h15, Gabriel et sa collègue raccompagnèrent Mme Blond vers la sortie. Ils traversèrent silencieusement ce long couloir reliant la salle d’entretien à la porte d’entrée du bâtiment. D’apparence, celui-ci peut sembler froid et peu accueillant, plutôt neutre dirait Justine. Allez savoir pourquoi, il se passe régulièrement des choses étranges dans ce corridor. Il ne s’agit pas ici de phénomènes magiques et surnaturels, non ce n’est pas du tout de ça qu’il est question, c’est tout autre chose, des choses très humaines.

L'entretien venait à peine d’être terminé, Gabriel et Justine aperçurent cette riviérette de larmes ruisselant sur les pommettes rosées et relâchées de Madame Blond. Larme après larme l'expression de sa tristesse se frayait un chemin sur ses jolies joues. Ne sachant comment réagir à cet imprévu, les deux collègues se regardèrent et s’échangèrent quelques mimiques indiquant l’un à l’autre l’embarras procuré par la situation. Ils venaient de discuter durant un peu plus d’une heure des difficultés de Benoît.  Parler des entraves de son petit Benoît, réveillait inévitablement ce vieux réflexe qui poussait sans cesse Mme Blond à comparer et à figer les différences qu’elle percevait en lui. Ne pas le voir grandir comme la plupart des enfants de son âge était devenu insupportable à vivre et en même temps, il était amplement nécessaire qu’elle puisse en parler. Au fond, même si elle avait toujours opté pour des tentatives de camouflage, aujourd’hui ça ne lui était plus possible, les murailles de protection et de diversion tombèrent subitement. A la traversée de ce hall d’entrée venait à nouveau s’extérioriser la violence psychologique qu’endurent beaucoup de ces parents. A chaque nouvelle démarche réalisée auprès du monde médico-social, l’annonce d’après coup se réitérait. Une fois de plus, se réaffirmait le handicap de Benoît son fils et des conséquences pour leurs vies à tous les deux. Gabriel et Justine devenaient spectateurs de l’effondrement psychique de cette maman. Cette forteresse intérieure et massive dont seuls les souffrants sont capables de bâtir pour survivre au regard des autres et d’eux-mêmes s’écroulait. Malgré le fait qu’ils aient été formés à la relation d'aide et qu’ils côtoyaient régulièrement la souffrance des parents, rien ne garantissait qu’ils ne puissent, à un moment ou à un autre, faillir dans leur capacité à gérer leurs émotions. Humains et professionnels à la fois, ils restaient des êtres sensibles, leur humanité ne pouvait les protéger entièrement à l’absorbation de la souffrance d’autrui.

- Pensez-vous que Dieu existe, demanda Madame Blond d’une voix étouffée par son accablante peine ? Pensez-vous que j'ai commis une faute pour que mon fils soit handicapé à ce point ? C’était aussi la première fois qu’elle le qualifiait ainsi. Dieu nous aurait-il puni ? Pourquoi nous ? Pourquoi lui ? Mon fils est innocent ! Il ne mérite pas ça ! Et mes voisins qui prétendent que Dieu est bon, pourquoi a-t-il permis ça alors ? Je ne comprends plus rien à cette vie de merde !

Instantanément, sans réfléchir, Gabriel courba les jambes pour s’asseoir sur la chaise bleue située à ses côtés, tandis que sa collègue Justine, très embarrassée, restait debout à faible distance. Tous deux gardaient le silence. Intuitivement, Gabriel ressentit que cette question liant la souffrance à Dieu ne pouvait pas être abordée par un échange purement théologique et philosophique, d’autant plus qu’il n’était pas dans le cadre de son activité pastorale. L’exposition de cette souffrance venait d’être déposée dans un autre cadre. Ici, il n’était pas le « pasteur Gab », il était intervenant psychosocial au même titre que sa collègue. Bien évidemment, la situation n’était pas un obstacle à l’inspiration de l’Esprit. Il se sentit poussé à manifester de la sollicitude envers cette mère écroulée et vidée de ses forces sur lesquelles elle avait si souvent pris appui pour faire face aux réalités de sa vie. Devant elle se dressait deux géants, celui de la culpabilité et celui du handicap. Par définition, le handicap mental, on n’en guérit pas, on grandit et on apprend à vivre avec. Madame Blond était en train de sortir de sa phase de déni. Elle prenait conscience qu’elle se nourrissait depuis quelques temps d’illusions lui donnant l’espoir que la réparation du handicap de son fils serait un jour possible. Pour elle, commençait l'épreuve la plus difficile, la plus éprouvante. On oublie bien trop souvent qu’un dévoilement de la réalité n’apporte pas forcément du bien-être et qu’il peut parfois générer le chaos là où l’illusion apporte un peu d’équilibre à la survie.  Les sanglots et les suffocations captaient l’attention des deux collègues au point où l’absence de mots semblait s’éterniser. Gabriel sentit alors le besoin de s’adresser à cette maman anéantie. Il hésitait fortement car, il mesurait combien la situation était délicate et risquée. Délicate, parce qu'il ne fallait pas se tromper de posture, et risquée car, il ne savait pas comment Madame Blond réagirait à ce qu'il s’apprêtait à lui dire. Avec beaucoup de retenue dans la voix, il s’élança malgré tout :

Vous savez, personne ne mérite ça ! Aucun enfant, aucun parent ! Vous avez posé la question, est-ce que vous croyez que Dieu existe ? En ce qui me concerne, et là je parle en mon nom, Oui ! Est-ce que le handicap de votre fils est la conséquence d'une faute particulière que vous auriez commise, que Dieu vous aurait ainsi puni ? Permettez-moi de vous dire que c’est inconcevable. Dieu ne peut être l'auteur de l’altération cognitive de votre enfant, encore moins par une sanction. Alors, pourquoi a-t-il permis ça ? Malheureusement, je n'ai aucune réponse satisfaisante à vous donner. Mais ce que je sais, ce que j’ai profondément envie de vous dire, c'est que Dieu n'est pas l'auteur de ce malheur, mais qu’il est celui qui peut vous donner toute la force et le secours nécessaires pour traverser cette épreuve inqualifiable et cruelle.

Comment pouvez-vous être aussi sûr de ce que vous dites ? Comment pouvez-vous le savoir ? Pourquoi parlez-vous de Dieu comme si vous le connaissiez ! 

Peut-être parce qu’en dehors de ces murs, je suis aussi pasteur, et qu’un pasteur est sensé connaître un peu les choses de Dieu.

Le flux de ses larmes s'intensifiait. Voyant ce mouchoir en papier rétréci et enserré dans la paume de sa main droite, Justine tendit un paquet dans lequel Madame Blond s'empressa d'en saisir un neuf. Comprenant que la conversation s’entamait de manière très inhabituelle, un peu désemparée, elle quitta délicatement le couloir laissant Gabriel seul avec Mme Blond. C’est alors que subitement, Mme Blond reprit la conversation sous un autre ton :

C'est injuste ! La vie est injuste, vous ne croyez pas ?

Je ne sais pas si c’est la vie qui est injuste ou si c’est la situation que vous vivez qui en donne le sentiment.

C'est bien plus qu'un sentiment vous savez monsieur, c'est une réalité. Benoît ne pourra jamais avoir une vie comme les autres.

Si les propos de Gabriel ne semblaient pas la consoler, ils avaient eu au moins l'efficacité d’arrêter les sanglots et les larmes. Redressant son corps, relevant la tête, elle retrouvait un peu d’énergie. Ce n'était plus sa tristesse qui s'exprimait mais bien sa colère.

 

- De toute façon, tout est injuste, le monde est injuste !

Que voulez-vous dire par tout est injuste ?

Je ne sais pas ! Mais tout est injuste !

Voulez-vous dire que tout le monde n'a pas les mêmes conditions de vie ?

Oui ! Regardez la pauvreté et la discrimination ne font que s’accroître dans le monde. Tous ces migrants qui sont obligés de fuir leur pays pour rester en vie et finalement pourquoi, pour qu’ils finissent noyés dans la mer avec leurs enfants ! Pire encore, quand ils en réchappent, on les laisse crever dans la rue, notre gouvernement ferme les yeux. Regardez les prix ne cessent de grimper pour tout, la vie devient tellement coûteuse que seuls les riches s'en sortent !

Dans son lâcher prise, Madame Blond s'éloignait quelque peu des préoccupations liées à la situation de son fils. Se libérant de son ras-le-bol, elle exprimait pleinement ce sentiment d'injustice qu'elle portait depuis si longtemps avec elle. Gabriel gardait le silence et l'écoutait avec attention tout en devant résister à la tentation de ne pas l'interrompre. Il se sentait à la fois convié à la discussion tout en étant invité à se taire. L’envie de réagir et d’échanger quelques réflexions plus philosophiques le démangeait, mais il avait conscience que ce n'était ni le moment, ni son besoin. Son besoin à elle, était d'être écoutée. Une situation compliquée à gérer pour lui ! Était-ce sa préoccupation professionnelle ? Était-ce son cœur de pasteur ? Était-ce son vécu ? Était-ce son désir et son besoin d'en dire quelque chose qui le mettait à la lisière de cette tension intérieure ? Très certainement que c’était un peu de tout !  Ce qui est sûr, c'est que c’était en tant qu’éprouvé de la vie qu’il se sentait convié à cette tâche à la fois passionnante et délicate. Il savait que débattre sur la notion de justice et d'injustice pouvait s’avérer périlleux car, pour parler d'injustice, il faut d’abord déterminer ce qu’est la justice et ce que signifie être juste. Et puis, il faut identifier de quelle forme de justice on parle : de justice légale, sociale, économique et financière, morale, divine… ? Que signifie chacun de ces concepts ? Son attention portée à Mme Blond eut quelques secondes d’égarement. Pour certains, pensait-il, la justice s'acquiert par une comptabilité égalitaire des droits et des devoirs, des dons et des contre-dons, … pour d'autres, la justice est tout simplement l'application de règles déterminées par avance et sensées dicter ce qui doit être appliqué pour respecter le vivre-ensemble. Pour d'autres encore, il s'agira d'être équitable. Il est vrai qu'il n'y a pas de garantie à être juste en se contentant de donner un nombre égal de parts aux différentes parties concernées. Vous ne mettez pas la même quantité de nourriture dans l'assiette d'un enfant de 6 ans, de 12 ans, d'un adolescent de 15 ans que dans celle d'un adulte. Et pourtant, personne ne pourrait vous reprocher d'être injuste, si ce n'est un esprit qui manque totalement de bon sens. Nous n’offrons pas un nombre égal d'aliments et pourtant nous restons justes par notre équité, ou du moins dans notre intention de l'être. Nous ajustons notre démarche aux besoins singuliers de chacun avec la même préoccupation pour tous, celle d’être nourri selon les besoins nécessaires. Parler de justice et d'injustice ne va pas forcément de soi comme on voudrait nous le faire croire s’exhortait-il, parler de valeurs reste complexe quand leurs significations peuvent vouloir dire tant de choses différentes. En une fraction de seconde, il redevint présent d’esprit auprès de Madame Blond.  Lui apparaissant comme ayant pu déverser suffisamment sa tristesse et sa colère pour pouvoir avancer un peu plus loin dans cet échange, il l’interpella à nouveau :

- Puis-je vous poser une autre question si ce n'est pas indiscret ?

Oui, dit-elle en faisant un petit signe de la tête.

Ce n'est pas une démarche habituelle que je fais dans le cadre de mon boulot, je ne sais d'ailleurs pas si j'en ai le droit, si cela m'est permis. Certains collègues me reprocheraient peut-être de sortir du cadre de ma mission professionnelle, mais je sens que c’est important. Vous m'avez demandé si je croyais en Dieu sans savoir que j'étais profondément croyant. Mais vous, croyez-vous en Dieu ?

Je ne sais pas Monsieur ! Tantôt j'y crois ! Tantôt j'en doute fortement !

Qu'est-ce qui vous fait douter de son existence ?

Toute cette injustice sur la terre.

Pensez-vous vraiment que c'est la faute de Dieu ? Vous ne pensez pas plutôt que ce sont les humains eux-mêmes qui en seraient responsables ?

Moi je pense que si Dieu existe, c'est la faute des deux. Des hommes ? Bien évidemment ! Mais aussi de Dieu puisqu'il a créé l'homme avec le pouvoir de faire le mal. Pourquoi d'ailleurs ?

Dieu a créé avant tout des êtres libres !

Libres de faire du mal ?

Non, surtout libres de choisir, de prendre des décisions ! Je dirais même de prendre la décision.

La décision ? Quelle décision ?

De marcher avec lui ou de gérer la vie terrestre en toute indépendance.

Si c'était vrai, pourquoi avoir laissé le choix quand on constate le résultat ?

Peut-être parce que sans cette liberté de choix, il n'y a pas d'amour. Et tout ce que Dieu fait, est acte d'amour, puisque Dieu est amour.

Comment est-ce qu'un Dieu d'amour a pu accepter de créer un monde avec autant de souffrance et de haine ?

Dieu ne l'a pas créé ainsi, le monde est ce qu'il est devenu et deviendra ce qu'il sera à partir des choix et des décisions humaines.

Oui ok, ça on peut l'entendre pour les guerres, pour les famines, pour la pauvreté, mais pour mon fils Benoît, son handicap mental n’a rien à voir avec les décisions humaines, elles n’ont aucunement influencé sa problématique, sa situation de handicap.

Il est vrai que son problème ne peut pas être relié à la conséquence directe des décisions humaines globales, mais Il n'empêche que nous ne connaissons pas l'explication scientifique de toutes les causes de malheurs.  Nous ne connaissons pas non plus tous les effets impactés par notre gestion de la terre. Il suffit d’entendre parler les climatologues qui aujourd’hui assurent que le comportement humain dans sa gestion du monde participe grandement à certaines conséquences, notamment à l’accélération de certains changements qui conduisent à des catastrophes.

Oui peut être, ça donne à réfléchir sur certains points, mais ça ne rendra jamais mon fils comme les autres.

- Comme les autres, c'est à dire ?

Qu'il soit capable d'apprendre comme les autres et à être heureux !

Vous pensez que Benoît est malheureux ?

Non pas du tout ! Je sais qu'il est heureux, je le vois souvent sourire et aimer ce que je fais avec lui.

Oui et parfois vous le voyez triste et en colère aussi je suppose ?

Oui ça lui arrive aussi.

Comme tout le monde !

Oui comme tout le monde !

Qu'est-ce qui vous semble le plus important, c'est que Benoît ait l'acquisition de certaines compétences comme les autres ou qu'il soit heureux ?

Les deux ! Mais le plus important, c'est quand même qu'il soit heureux, s'écria-t-elle !

Après quelques secondes de silence, madame Blond dit :

 - Finalement ce qui importe je pense, c’est d’essayer de le rendre heureux. C'est vrai, qu’y a-t-il de mieux que de se sentir heureux dans la vie ? C’est juste, non ?

Oui tout à fait ! C'est tout le sens du sacrifice du Christ.

Je n'ai jamais rien compris à ce sacrifice, c'est un mystère pour moi. Pourquoi fallait-il que ce Jésus se sacrifie ?

La compréhension absolue des raisons qui ont poussé Dieu à cette démarche reste un mystère pour nous tous.  Je suis moi-même à peine capable de me donner pour ceux que j’aime, incapable de le faire aussi bien que vous le faites pour Benoît, mais lui, il s'est donné ainsi pour tous les hommes, pas seulement pour ceux de sa famille, pas seulement pour les considérés bons, mais aussi pour ceux qui se sont égarés sur la voie du mal. Tout ça pour que l’humanité puisse retrouver la voie du bonheur. Pour qu’elle reprenne le chemin de la vie.

Quelle injustice ! Encore une injustice ! Un innocent meurt encore pour des coupables.

Quelle justice, j'ai plutôt envie de dire !

Justice ?

Oui je sais, c'est une façon un peu décalée je l'admets, mais moi je vois ce sacrifice comme une possibilité de nous approcher d’une compréhension quelque peu plus affinée de la justice de Dieu.

Ah bon ! Expliquez-moi, c’est bizarre ce que vous me dites !

Lorsque je lis la Bible, je m’aperçois que Dieu s'est toujours adapté aux décisions de l'homme en ajustant sans cesse ses plans dans un but précis : montrer à l'humanité le chemin du salut sans pour autant lui forcer la main. Pour révéler ce chemin, le Christ est venu démontrer l’Amour ultime du Père dans toute sa hauteur, dans toute sa longueur, dans toute sa largeur, mais aussi dans toute sa profondeur. Étant amour, Dieu sait ce qu'est aimer. La véritable justice et la véritable droiture trouvent leur racine dans l'Amour de Dieu.

Si je comprends ce que vous voulez me dire, pour vous, être juste ce serait le fait de s'ajuster aux difficultés d’autrui pour l'aider à prendre la bonne voie pour sa vie ?

Effectivement, c'est une autre manière de dire les choses.

En ce qui concerne Benoît, je ne pense pas que je pourrais un jour accepter son handicap. Je pense que sa vie reste injuste. Mais là où vous avez raison je crois, c’est que la meilleure manière d'aider mon fils, c'est d'ajuster au mieux ce que je fais pour qu'il soit heureux. C'est peut-être ça, lui rendre justice ?

C'est vrai vous avez raison, aimer c’est le bien qui s’ajuste à la vie bonne pour autrui.  Mais vous savez, ce que vous me dites-là, ça nous concerne tous. Cela nous concerne aussi, nous les professionnels qui allons accompagner Benoît. Nous devons sans cesse chercher ensemble à nous ajuster pour son bonheur, ou du moins pour son mieux-être. Et peut-être que c’est l’essentiel pour toute relation humaine finalement.

Gabriel jugea que le temps de clôturer cette prolongation d’entretien était venu.

- Je vous sens un peu mieux que tout à l'heure, non ?

Oui ça va mieux, je vous remercie de m'avoir écoutée !

Oh c’est normal, cela fait partie de mon travail. Toutefois, je vous suis moi-même reconnaissant pour avoir osé vous confier et me partager votre souffrance intime. Cela m'a fait beaucoup réfléchir et m’aide à penser le travail d’accompagnement.

Cette conversation m’a finalement un peu remonté le moral, même si je ne saisis pas toutes vos idées. Il faudrait pouvoir en parler plus longuement. Bon, allez ça va aller, dit-elle en se levant de sa chaise, je suis là pour continuer à aider mon fils afin qu’il soit heureux. En tout cas, ne vous inquiétez pas pour moi monsieur, mais c'était gentil de votre part.

Avant que vous ne repartiez, puisque ce sera peut-être la dernière fois que l'on parle de ça ici, j'aimerais encore vous dire une dernière petite chose. Vous savez, le sacrifice du Christ n'est pas tant le fait de comprendre tout le mystère, mais bien de le recevoir car non seulement il nous aide à trouver une voie de bonheur, mais il ouvre aussi la voie de l'éternité, pensez-y ! Et, si vous voulez en reparler, n'hésitez pas à m’interpeller.  Ça peut s’organiser dans un autre endroit sans souci. Ce serait d'ailleurs avec grand plaisir. Je ne veux pas que vous pensiez que je veux vous forcer la main, surtout sentez-vous libre de le faire ou non, mais n’hésitez surtout pas si vous le souhaitez. Et en ce qui concerne Benoît, nous nous revoyons avec ma collègue Justine dans 15 jours pour son accompagnement. D'ici là prenez bien soin de Benoît, mais ne vous oubliez pas également !

Après cet aurevoir, la porte se referma derrière Madame blond. Gabriel ne savait pas si tout ce qui venait de se passer était ce qu'il fallait dire et faire, mais ce qui était certain, c'est qu’il venait de s'ajuster au mieux de ce qu’il avait pu dans la situation et dans les conditions du moment. Il avait essayé de trouver la bonne mesure. Certainement que certains collègues lui reprocheront d’avoir pris la liberté de dépasser les limites du cadre de son travail. Mais en aucun cas on ne pouvait lui reprocher d’avoir accompli une démarche de propagande religieuse. Non, sa foi lui avait simplement permis de répondre à la question d’une âme en souffrance psychique, certes, mais aussi en souffrance spirituelle ?

Il était 19h40 lorsque Gabriel, entrant dans sa voiture, fût envahi par une joie particulière. Il restait convaincu que cette fin de journée avait été dirigée par le Saint-Esprit ! Dans l’inattendu et l’imprévu, il avait pu semer quelques brides de réponses données par les évangiles à une femme désespérée et accablée par les circonstances de sa vie. Il ferma les yeux et remercia Dieu pour ce moment particulier et rare au cœur de son institution. Mettant sa ceinture, la voiture allumée, il démarra et reparti en direction de chez lui. A peine avait-il pris la route que ses pensées reliaient ce qu’il venait de vivre à deux passages du sermon sur la montagne dans lequel Jésus enseigne l’application de la justice du royaume de Dieu : « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres. Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous, car c’est là tout l’enseignement de la *Loi et des *prophètes. »

Le pasteur Gab n’avait plus besoin de chercher l’inspiration pour ce weekend, il venait de recevoir la direction de son prochain message.

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Rédigé par Tonino D'Arcangelo

Publié dans #Les nouvelles du Pasteur "GAB"

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